9 juin 2011
Manifeste pour un Québec éduqué
Une éducation de qualité, assure Roger Sylvestre
Par: Nicolas Dubois

Le manifeste des enseignants a fait bondir le directeur général du Cégep de Saint-Hyacinthe, Roger Sylvestre. Le diplôme d’études collégiales n’est pas un diplôme bonbon. Et des mesures favorisant la réussite ne sont pas incompatibles avec un enseignement de qualité, soutient-il.

Publicité
Activer le son

Le directeur général se désole de la réaction des huit professeurs du collège qui ont rédigé une lettre qui a été publiée dans plusieurs journaux et qui se veut une dénonciation du réseau de l’éducation qui, selon eux, viserait la réussite du plus grand nombre d’étudiants au détriment de l’effort et de l’apprentissage. M. Sylvestre en déplore également le « ton alarmiste ».

« Ce manifeste n’est pas le reflet de ce qui se passe au Cégep de Saint-Hyacinthe. Nous ne partageons par cette opinion, a-t-il indiqué. L’accessibilité aux études supérieures et l’encouragement de la réussite ne sont nullement contraires ou incompatibles avec un enseignement de qualité. » Dans leur manifeste « Pour un Québec éduqué », le collectif d’enseignants dénonce la mise en place de mesures favorisant la réussite du plus grand nombre d’élèves, ce qui entraînerait un nivellement par le bas selon eux. Une « éducation fast food », des « diplômes au rabais », écrivent les professeurs. Le directeur général reconnaît que la planification stratégique 2010-2015 du collège vise une augmentation de 5 % du taux de réussite des étudiants au premier trimestre. Et une augmentation de 5 % du taux de diplomation. Mais en aucun temps, affirme-t-il, la direction n’a fait de pressions sur le corps professoral pour qu’un nombre précis d’étudiants réussisse les cours de première session. Il n’y a pas non plus de « normalisation » des notes.« Nous désirons faciliter l’intégration des nouveaux étudiants, un moment de transition important pour les élèves du secondaire qui arrivent au cégep. Nous mettons en place des mesures comme un service d’aide à l’intégration ou un service d’orientation. Mais il n’y a pas de quotas d’élèves qui doivent réussir ou non », explique-t-il. Selon Roger Sylvestre, le diplôme d’études collégiales est un diplôme de qualité, même si les choses ont changé au fil du temps. « Les élèves de la réforme ont tout simplement des caractéristiques différentes de ceux des années passées. Le défi des pédagogues, c’est justement de s’adapter aux générations. »Le directeur général rejette donc les allégations de nivellement par le bas. Il estime qu’au contraire, les étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe réussissent très bien. Il s’appuie sur les bons résultats des étudiants à l’examen de français du ministère de l’Éducation, ainsi que sur le haut classement des diplômés en soins infirmiers aux examens de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ).« On ne diminue pas les exigences [de la formation collégiale]. La Montérégie a besoin de plus en plus de diplômés. Je préfère offrir un meilleur soutien aux élèves plutôt que de les voir décrocher. »

image