27 novembre 2014
Rendez-vous des papilles
Une étude d’achalandage déroute la Chambre de commerce
Par: Jean-Luc Lorry
L’ancien conseiller municipal Ray-Marc Dumoulin (deuxième en partant de la droite) fut président du Rendez-vous des papilles de 2009 à 2012. Photothèque | Le Courrier ©

L’ancien conseiller municipal Ray-Marc Dumoulin (deuxième en partant de la droite) fut président du Rendez-vous des papilles de 2009 à 2012. Photothèque | Le Courrier ©

Après avoir annoncé dernièrement la présence de 4 700 visiteurs à l’édition 2014 du Rendez-vous des papilles, la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains, qui assurait la gestion de ce festival gourmand depuis février, s’explique difficilement comment une étude d’achalandage réalisée en 2013 a pu réussir à dénombrer plus de 26 000 personnes.

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Effectuée durant la tenue du 10e anniversaire du Rendez-vous des papilles, cette étude fut commandée par le conseil d’administration à la firme Segma Recherche de Montréal et facturée 12 000 $.

« Le Rendez-vous des papilles a connu un achalandage total de 96 756 entrées/visites. Le nombre de participants uniques a été de 26 079 avec 69,4 % de participation locale », peut-on lire dans le document de 75 pages dont LE COURRIER a obtenu copie.

Pour évaluer l’achalandage, la firme avait réalisé un sondage téléphonique (300 répondants) et un second coup de sonde en personne lors du festival (200 répondants).

La Chambre de commerce s’était basée sur les résultats de cette étude et sur les revenus générés l’an dernier par la vente de coupons de dégustation, avant d’accepter de prendre sous son aile l’organisation de cette activité qui offre une vitrine aux produits du terroir.

En septembre, le Rendez-vous des papilles a eu lieu dans un espace confiné au parc Casimir-Dessaulles où l’entrée sur le site était pour la première fois payante. Le nombre de visiteurs fut très loin des attentes des organisateurs.

La direction de la chambre de commerce ne croit pas que l’achalandage a drastiquement chuté de 2013 à 2014.

« J’ai posé des questions aux exposants et pour 60 % d’entre eux l’achalandage était le même ou légèrement moindre. Si l’on m’avait dit qu’il y aurait seulement 5 000 visiteurs, jamais nous n’aurions pris en charge l’organisation des Papilles », indique en entrevue au COURRIER, Claire Sarrasin, directrice générale de la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains.

« Comment peut-on faire une étude d’achalandage sur un site ouvert? J’aimerais qu’on m’explique la présence des 26 000 visiteurs. Existe-t-il autant de place au centre-ville pour accueillir une telle foule? », se questionne sur un ton dubitatif Mme Sarrasin.

Comparativement à l’édition 2013 qui disposait d’un budget de 650 000 $, cette année les organisateurs devaient composer avec 225 000 $.

« Si nous prenons en compte les ressources matérielles et humaines qui ont été mises à contribution par la Chambre, conjuguées à l’absence de revenus, nous sommes largement déficitaires », observe avec déception la directrice générale de la Chambre.

D’ailleurs, l’organisme a confirmé que la gestion de cette activité ne serait plus assurée par la Chambre de commerce.

Ray-Marc Dumoulin fut président du Rendez-vous des papilles de 2009 à 2012. Aujourd’hui retraité, il croit que le nombre de visiteurs annoncé après la tenue de chaque festival était représentatif de la réalité.

« Si nous avancions le chiffre de 20 000 visiteurs, ce chiffre correspondait à la vente de coupons de dégustation. Nous avions toujours des gens sur le terrain pour effectuer le décompte du nombre de visiteurs. Nous demandions aussi le code postal pour faire des statistiques », explique M. Dumoulin.

À partir de 2008, l’achalandage du Rendez-vous des papilles a franchi la barre des 10 000 personnes (voir tableau).

Dumoulin critique

Curieux de voir la mise en place de la nouvelle formule, Ray-Marc Dumoulin s’est rendu cette année dès l’ouverture de l’édition 2014 en compagnie d’Annie Gauthier qui assura la coordination du festival de 2005 à 2009.

« Nous étions présents le samedi matin de 10 h à 11 h 30 et il y avait peu de monde sur le site. J’ai aussi remarqué que les gens ne faisaient pas le déplacement entre le marché public et le parc Casimir-Dessaulles », se remémore M. Dumoulin.

Celui-ci croit que le succès des Papilles est étroitement lié à la présence des volets animation et culture ainsi qu’à la gratuité de l’activité.

« Je pense que fixer un prix d’entrée a donné un coup solide à l’achalandage. Sans la gratuité, nous calculions ne pas pouvoir attirer plus de 10 000 visiteurs. C’est sans doute moins d’ouvrage de mettre le site payant que de courir après les subventions », estime après coup l’ancien conseiller municipal.

Durant la présidence de Ray-Marc Dumoulin, l’achalandage des Papilles aurait augmenté de 50 % en l’espace de trois ans, passant de 18 000 visiteurs en 2009 à 27 000 en 2011.

Visiteurs au Rendez-vous des papilles
Source : organisation du Rendez-vous des papilles
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