9 août 2018
De Saint-Hyacinthe à Sorel
Une expédition mémorable sur la rivière Yamaska
Par: Olivier Dénommée
« La Yamaska n’est pas difficile à naviguer, mais il ne faut pas avoir peur de se mettre à l’eau », prévient Erick Thibault. Pour une traversée plus agréable, il suggère aux intéressés de partir de Yamaska plutôt que de Saint-Hyacinthe. Photo courtoisie Erick Thibault

« La Yamaska n’est pas difficile à naviguer, mais il ne faut pas avoir peur de se mettre à l’eau », prévient Erick Thibault. Pour une traversée plus agréable, il suggère aux intéressés de partir de Yamaska plutôt que de Saint-Hyacinthe. Photo courtoisie Erick Thibault

Parfois, des conversations de bar sont le début d’une belle aventure. Une discussion entre Erick Thibault et un ami en mars s’est concrétisée cet été par une traversée en canot de la rivière Yamaska, une expédition d’environ 70 km de Saint-Hyacinthe à Sorel-Tracy.

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« Ma passion, c’est de faire du canot et d’essayer des choses qui ne sont pas souvent faites », établit d’entrée de jeu le Maskoutain de 36 ans. « On s’est dit que ça serait le fun d’essayer de traverser la Yamaska et on s’est demandé si c’était faisable », poursuit-il. Quelques mois plus tard, il a eu sa réponse, lorsqu’il s’est lancé avec trois autres complices sur la rivière du 29 juin au 1er juillet.

Trois générations ont participé à l’expédition, puisqu’en plus d’Erick Thibault et de son vieil ami Marc Bernard, le père d’Erick, Richard, et son fils, Loïc, étaient aussi de la partie. « Mon fils, c’est mon partenaire d’expédition, et à 12 ans, on peut dire qu’il en a déjà fait pas mal! Quant à mon père, 74 ans, il a construit lui-même son canot cet hiver », précise M. Thibault. Deux autres personnes devaient aussi se joindre à l’expédition, mais ont finalement abandonné le projet.

De grands défis

Habitué aux expéditions de canot-camping, M. Thibault savait que le défi principal serait d’apporter une quantité suffisante d’eau pour une traversée de trois jours. « La Yamaska n’a pas une très bonne réputation pour la qualité de son eau et on est partis en pleine canicule, alors il fallait assez d’eau pour quatre personnes sur trois jours. » Les canotiers sont donc partis de Saint-Hyacinthe avec 70 litres d’eau.

La troupe d’Erick Thibault a aussi eu la surprise de constater que le niveau de la rivière était trop bas sur une très longue distance. « On s’attendait à avoir 2 km où le niveau était trop bas, mais c’était plutôt 30 km! La géologie de la rivière m’a aussi surpris : c’est un fond rocheux, très glissant. Ça marche très mal et ça use un fond de canot assez vite », commente-t-il après coup. Il n’exclut toutefois pas de retenter l’expérience un de ces jours, mais un peu plus tôt dans la saison pour que le niveau de la rivière soit plus élevé.

Richard Thibault a pour sa part constaté que son canot n’était pas optimal pour la traversée et a dû abandonner à mi-chemin, à Saint-Marcel-de-Richelieu.

Paysages méconnus

Cette aventure a surtout été l’occasion pour le petit groupe de découvrir une facette peu connue de la rivière Yamaska. « J’ai vu des paysages à couper le souffle! La végétation est dense, luxuriante, et j’ai vu des oiseaux que je ne pensais jamais voir ici. » M. Thibault estime avoir croisé une vingtaine d’aigles à tête blanche.

L’amateur de plein air espère que davantage de Maskoutains s’intéresseront à leur rivière. « Serait-il possible de créer des points de vue dans le coin du Rapide-Plat? », réfléchit-il tout haut.

Après cette expédition de 70 km sur trois jours, Erick Thibault a participé le 14 juillet à une activité de sensibilisation sur la qualité de l’eau de la rivière Richelieu en naviguant de Chambly à Saint-Marc-sur-Richelieu en compagnie de 17 autres canotiers. Il réfléchit déjà à sa prochaine grande expédition avec son fils, possiblement au parc de La Vérendrye en 2019.

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