11 juillet 2019
Carte blanche
Une fois c’t’un piéton
Par: Christian Vanasse

Dans une vidéo virale, une mère du Saguenay et son enfant tentent péniblement de traverser un passage pour piéton, les voitures les frôlant sans même ralentir. Pourtant la loi est claire : dans ces circonstances, le piéton a PRIORITÉ sur les conducteurs qui doivent lui céder le passage. Visiblement, plusieurs n’ont pas lu la loi. Ou s’en foutent royalement.

La scène en a choqué plusieurs. « Les passages piétonniers doivent cesser d’être une bonne blague pour les automobilistes », s’est emporté le ministre des Transports, François Bonnardel. « Je ne sais pas d’où vient cette culture de délinquance », a-t-il ajouté.

En réponse au ministre, un type écrit dans un grand quotidien (sans rire) : « Est-ce mieux d’envoyer un piéton à l’hôpital ou se faire rentrer dedans par la voiture d’en arrière quand on freine? » Wow. « Moé, j’aime mieux fracturer un crâne que mon bumper. » Si Bonnardel ignore d’où vient cette « culture de délinquance », il pourrait commencer par ce type, un artiste du genre. Qui n’est pas seul. En 2018, selon la SAAQ, 69 piétons furent tués, 2638 blessés et ils sont les seuls usagers de la route à voir leurs chiffres augmenter chaque année. En bref, le piéton revole comme jamais. Et la Montérégie est le 2e endroit le plus dangereux après Montréal.

Pourtant, si on sort du Québec, la situation est différente. Ontario, Nouveau-Brunswick même au pays de Trump, le piéton est mieux considéré. Les New-Yorkais ont un dicton : les automobilistes agissent comme des piétons et les piétons comme des automobilistes. L’idée, c’est de se mettre à la place de l’autre pour partager équitablement la route… mais en tenant compte que le char est pas mal plus lourd de conséquences. Essayons ça. Penser auto lorsque nous marchons et piéton lorsque nous roulons. Pis relire la loi.

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