31 janvier 2013
Une fonderie qui s’est forgé une place unique en Amérique du Nord
Par: Le Courrier
Carl Jobin, propriétaire de l'entreprise Métallurgie Syca à Saint-Dominique.

Carl Jobin, propriétaire de l'entreprise Métallurgie Syca à Saint-Dominique.

Carl Jobin travaille depuis 1988 dans le domaine des fonderies. Cet ingénieur physicien, avec option métallurgie, a misé sur son expertise pour se lancer à son compte en 1995, puis établir Métallurgie Syca à Saint-Dominique en 1998.

« Quand j’ai créé la compagnie, les fonderies fabriquaient des pièces de piètre qualité et livrées non finies aux clients. J’ai voulu corriger ces deux problématiques », explique-t-il avec son franc-parler coutumier.

Défi relevé, puisqu’aujourd’hui la métallurgie Syca se démarque à plus d’un égard dans toute l’Amérique du Nord, en particulier par la réputation enviable qu’elle s’est forgée.

Des produits présents dans notre environnement

Métallurgie Syca se spécialise dans la fabrication de pièces coulées en différents types d’alliages, surtout l’aluminium, mais aussi le bronze, le laiton et le zinc. Sa mission est de produire des biens durables de haute qualité dans le plus strict respect de l’environnement.

Peu à peu, la gamme des produits s’est élargie et à présent la fonderie offre annuellement 1 000 pièces différentes, dont plus de la moitié sont des produits Syca, les autres étant des pièces réalisées en sous-traitance pour des entreprises. On retrouve ces produits dans neuf secteurs d’activités : pièces pour auvents, signalisation, rampes, bateaux, clôtures décoratives, puits, camions, toitures et gouttières. Les produits Syca sont bien présents dans notre environnement, que ce soit des pièces de signalisation routière, des bases et capuchon de rampes d’aluminium, des pattes de baignoire en bronze ou encore des pièces pour les casques de pompiers, et pour combien d’autres usages… Croissance oblige, l’entreprise a connu plusieurs agrandissements depuis sa fondation. L’équipe compte une cinquantaine d’employés, tous expérimentés et très autonomes, et à l’image de Carl Jobin, l’entreprise est administrée avec rigueur. Outre la fabrication, les clients bénéficient d’un service complet de l’idée à la pièce finie, offert par le département d’ingénierie et de dessins techniques, pour développer de nouveaux produits, résoudre des problèmes de conception et de fabrication des pièces coulées : dessin technique, fabrication des moules, prototypage, fabrication, usinage et assemblage. Les clients de Métallurgie Syca sont des municipalités, des entrepreneurs en construction et des compagnies privées, surtout au Québec et en Ontario, mais également dans le reste du Canada et aux États-Unis, sans compter quelques percées sur le marché français pour des pièces de bateaux et de métro.

Une belle polyvalence

Métallurgie Syca est aujourd’hui la seule fonderie en Amérique du Nord qui fabrique sous un même toit des pièces coulées selon trois procédés de moulage différents, soit le moulage au sable, le moulage en coquille (moule permanent) et le moulage sous-pression.

« Cela nous permet de faire des petites ou des grosses pièces, de quelques grammes à plusieurs centaines de kilos selon les types d’alliages, et en petites ou grosses séries », explique Carl Jobin. Cette polyvalence, combinée à la diversité de ses secteurs d’activités, permet à l’entreprise de mieux résister aux fluctuations économiques mondiales, malgré la concurrence des produits étrangers, surtout chinois, à propos desquels Carl Jobin a depuis longtemps forgé son opinion. « Si on continue de faire de l’importation avec des pays qui ne produisent pas selon les mêmes règles que nous, on va tuer notre économie », affirme-t-il catégoriquement. Basée sur un système de qualité rigoureux, Syca a acquis une belle réputation pour la qualité de ses pièces coulées. Tout le développement de nouveaux produits est un autre atout. « Bon an, mal an, je crée cinquante nouvelles pièces et je les teste chez moi », précise Carl Jobin. Parmi ces inventions, il a fait breveter la Jaleuse, un nettoyeur à gouttières. Ce système de tuyau ingénieux permet de s’acquitter de cette tâche à partir du sol, sans échelle, ni obligation de monter sur le toit.

Une métallurgie verte

Si fonderie signifie pour vous usine polluante, ôtez-vous cette vision de la tête pour Syca.

« Je suis un environnementaliste convaincu et depuis longtemps. Notre entreprise fabrique sans émission de dioxyde de carbone (CO2-free). Elle ne pollue aucunement l’atmosphère. Nous utilisons des lingots certifiés fabriqués à partir de matériaux recyclés, les fournaises électriques n’émettent pas de gaz carbonique et leur chaleur, récupérée avec celle du compresseur, assure entièrement le chauffage de l’usine. De plus, nous récupérons également le sable des moulages tout autant que le papier. Chez Syca, on est vraiment proactif pour protéger l’environnement. » Carl Jobin a toujours des projets sur sa table à dessin pour développer de nouveaux produits. Malgré sa force créatrice, il envisage notre avenir économique avec une certaine inquiétude. Pour faire face à la mondialisation, particulièrement au marché de la Chine, la fonderie a modifié il y a quelques années toutes ses techniques de production pour produire à moindre coût. Produire plus vite et des pièces plus ciblées, mais surtout de qualité, voilà ce qui va assurer l’avenir de Métallurgie Syca, croit son propriétaire. Fiche signalétique Nom de l’entreprise : Métallurgie Syca Dirigeant : Carl Jobin Année de fondation : 1998 Municipalité : Saint-Dominique Secteur d’activité : Métallurgie Activité : Fonderie Marché : Amérique du Nord et France

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