23 octobre 2014
Une grosse bouchée
Par: Pierre Bornais
Publicité
Activer le son

Notre système de santé est parti pour une réforme, après tant d’autres qui, pour la plupart, n’ont jamais été menées à terme. On a modifié un peu, pas mal, beaucoup les orientations et les structures tout en conservant largement la même mentalité et les mêmes personnes.

En 2003-2004, on prévoyait notamment la disparition à terme des agences régionales de santé, le regroupement régional des institutions et la réduction des unités syndicales. Une décennie plus tard, les agences sont plus fortes que jamais alors que le travail d’intégration des missions est loin d’être complété.

Pour leur part, il n’est pas certain que les syndicats aient complètement digéré leur regroupement forcé dans un nombre limité d’unités professionnelles.

Et si on y ajoute les contraintes et les coupures imposées à tout le système, force est de constater que le climat est plutôt tendu. C’est pourtant le moment choisi par le ministre Barrette, reconnu pour son volontarisme (les moins polis parleraient plutôt de « front de boeuf ») pour foncer dans le tas.

En plus de centraliser les décisions autour du ministre et de son cabinet, le projet consiste à aplatir les structures locales et régionales afin de les remplacer par une seule instance au niveau régional (pour l’ensemble de la Montérégie, par exemple).

La bouchée est grosse; peut-être trop grosse même pour espérer que la réforme souhaitée apporte les économies espérées et de meilleurs soins à la population. Et ce n’est pas la voie privilégiée par un grand nombre d’intervenants qui estiment que la structure actuelle contribue déjà à éloigner les dirigeants du terrain en plus de favoriser une « structurite » chronique.

Au final, il ne faudra pas être surpris si, après beaucoup de bruit et des coûts astronomiques, la « montagne accouchera d’une souris », comme le dit la fable populaire.

image