24 août 2017
Une Hélénoise étudiera le textile à Paris
Par: Marie-Pier Leboeuf
L’automne prochain, Mylène Ducharme deviendra la première Canadienne admise au programme de restauration du textile de l’Institut national du patrimoine de Paris.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’automne prochain, Mylène Ducharme deviendra la première Canadienne admise au programme de restauration du textile de l’Institut national du patrimoine de Paris. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Bachelière en histoire et en histoire de l’art, Mylène Ducharme est à ce jour la première Canadienne admise au prestigieux Institut national du patrimoine de Paris pour compléter une maîtrise en restauration du textile. Après avoir œuvré pour une gamme de musées au Québec, au Canada et à l’étranger, elle pourra bientôt tisser sa toile dans la Ville Lumière.

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Mylène Ducharme, 24 ans, raconte son parcours et ses voyages avec autant de joie que de fébrilité. L’ancienne étudiante du Collège Saint-Maurice de Saint-Hyacinthe est également diplômée en technique de muséologie du Collège Montmorency à Laval et de l’Université de Montréal en histoire et en histoire de l’art. Pendant ses années d’études, sa volonté d’approfondir sa formation en restauration du textile n’était jamais bien loin.
Passionnée très jeune par l’Histoire, c’est dès l’âge de 15 ans qu’elle a commencé à voyager pour cumuler les expériences en alternance avec les études. Après la Saskatchewan, Rimouski, Rivière-du-Loup, la Nouvelle-Écosse, le musée de la mode de Montréal et deux stages à l’étranger en Angleterre et en Belgique, la jeune femme originaire de Saint-Hélène-de-Bagot profite maintenant de son été près des siens et occupe un poste au centre d’exposition Collection St-Amour à Upton.
Ce ne sont pourtant pas les opportunités qui manquent puisque le Musée des Augustines de Québec lui avait aussi offert un emploi pour la saison estivale, poste qu’elle adû refuser à contrecœur, même si elle dit se plaire à Upton.
« C’était un choix difficile parce que ça faisait longtemps que je voulais y travailler à Québec, mais je ne regrette pas. C’est une chance que j’ai d’être au musée d’Upton et j’adore ça », a-t-elle précisé.
Elle reprendra son petit balluchon en septembre pour s’installer à Paris pour cinq ans.
Objectif Paris
C’est au cours de son récent passage en Belgique, de février à mai, qu’elle s’est soumise au processus de sélection exigeant de l’Institut national du patrimoine de Paris.
Sous forme de concours, la sélection se fait en deux étapes distinctes. Une fois les examens de connaissances réussis, notamment en chimie et en mathématiques, la deuxième phase s’étale sur plusieurs jours durant lesquels les candidats retenus doivent reproduire au mieux de leur capacité une œuvre textile.
« Il y en a beaucoup qui avaient déjà fait le concours une, deux ou même trois fois. Je les regardais et je me demandais comment ils faisaient pour revenir puisque c’est assez éprouvant », a confié l’étudiante à la maîtrise. Les États-Unis et l’Angleterre sont les seulsautres pays à offrir un programme similaire.
Après la première épreuve en février, Mylène était déjà prête à faire son deuil de l’Institut et à trouver une nouvelle alternative. Mais un mois plus tard, elle apprenait qu’elle figurait parmi la trentaine de finalistes retenus pour l’épreuve finale de broderie, et ce, à sa toute première tentative.
« À la fin, t’as le moral au sol, mais tout cela en aura valu la peine puisque j’ai réussi et obtenu ma place! Les gens là-bas me reconnaissent déjà et me disent Ah, c’est la petite Canadienne! », a-t-elle raconté. « On ne se cachera pas qu’il n’y a pas beaucoup de débouchés en histoire, mais je crois que quand tu veux quelque chose tu peux le faire », a-t-elle conclu avec un grand sourire, en souhaitant que son parcours peu commun et son ambition lui permettent de se démarquer du lot.

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