10 mai 2012
Une journée spéciale pour les disquaires indépendants
Par: Le Courrier
Des éditions limitées de vinyles comme ceux de David Bowie et de Paul McCartney étaient parmi les items en vente lors du Record Store Day, la journée de fête des disquaires indépendants.

Des éditions limitées de vinyles comme ceux de David Bowie et de Paul McCartney étaient parmi les items en vente lors du Record Store Day, la journée de fête des disquaires indépendants.

Les disquaires indépendants ne l’ont pas facile depuis l’arrivée du numérique dans le paysage musical. Pour célébrer leur présence et leur ténacité dans les différentes villes du monde, une journée toute spéciale leur est dédiée : le Record Store Day. Fréquences Le Disquaire de Saint-Hyacinthe a une fois de plus pris part aux festivités le 21 avril.

Quelque 80 items exclusifs ont été offerts aux mélomanes de Saint-Hyacinthe via Fréquences Le Disquaire. Que ce soit des vinyles des plus rares, des éditions inédites, où le coffret des numéros un des Beatles mis sur vinyle, les amateurs de musique ont été comblés. Les trois quarts de ces items ont rapidement trouvé preneur.

« C’est un peu comme un autre Noël pour nous », explique Jean-François Tétreault, propriétaire de Fréquences Le Disquaire de Saint-Hyacinthe. « C’est une journée pour célébrer la musique, mais aussi pour renforcer nos liens avec nos clients. On discute de musique avec les clients, on leur en fait découvrir et ils nous en font découvrir aussi. C’est un rendez-vous de mélomanes. » Pour créer une ambiance conviviale, les gens de Fréquences Le Disquaire ont offert des croissants et du thé. « On ne veut pas que ce soit simplement une relation achat/vente comme c’est le cas dans les gros magasins. On veut en profiter pour discuter avec les clients qui ont la même passion que nous. »Des performances musicales ont été observées chez quelques disquaires indépendants, notamment à la deuxième succursale Fréquences à Granby, où la chanteuse Amylie a offert une prestation.À Saint-Hyacinthe, Jean-François Tétreault a décidé de passer son tour cette année pour ce qui est des prestations en magasin. « L’an dernier, on a reçu des musiciens, mais c’était très demandant de gérer les artistes et les clients en même temps. Cette année, on a décidé de se concentrer sur les clients et de profiter de cette fête. »Au Québec, seulement 16 disquaires indépendants, dont 11 se trouvent à Montréal, ont participé au Record Store Day. Jean-François Tétreault et Maxime Dansereau s’entendent pour dire qu’il ne reste environ qu’une cinquantaine de disquaires indépendants au total dans la Belle Province.

Survivre au digital

Il est impossible de nier l’effet qu’a Internet sur la survie des disquaires, chose encore plus vraie chez les indépendants. Fréquences a toutefois réussi à tirer son épingle du jeu. « Quand j’ai ouvert Fréquences il y a 10 ans, c’était le phénomène Napster sur le web. Tout le monde pensait que c’était la fin du disque compact. Et pourtant, qui est toujours en vie? », souligne Jean-François.

Selon lui, le Québec n’a pas souffert autant du piratage que les États-Unis. Mais il n’a pas échappé aux conséquences pour autant. En 2008, Fréquences a connu une baisse de ses ventes. « Le contexte économique n’était pas favorable avec la crise, ce qui n’a évidemment pas aidé notre cause. » Ce n’est que l’an dernier que le tout s’est replacé chez le disquaire de Saint-Hyacinthe. « Les ventes se sont stabilisées dernièrement. On est en train de créer le standard des années à venir. »

Retour en force du vinyle

Le vinyle a eu la côte l’an dernier. Aux États-Unis, il a connu une hausse de ses ventes de 36,3 % comparativement à 2010, selon la firme Nielsen Soundscan. « On sent [cette augmentation] ici aussi, mais ce n’est pas aussi fort que du côté américain. Si les artistes québécois sortaient plus de vinyles, là on observerait très certainement une telle hausse des ventes », affirme le propriétaire de Fréquences à Saint-Hyacinthe.

« C’est un objet fascinant le vinyle. On doit le tourner pour l’écouter au complet, donc par le fait même, rester aux côtés du tourne-disque et profiter du moment musical. De cette façon, on prend beaucoup plus de temps pour comprendre la démarche artistique qui se cache dans chaque chanson », estime Maxime Dansereau.« On est en train de vivre un changement de valeur. Les gens utilisaient les MP3 parce que c’était plus rapide, pour sauver du temps, et maintenant on voit un retour au vinyle, un objet beaucoup plus gros et qui prend plus de temps. Les gens commencent à se tanner des MP3 », conclut Jean-François Tétreault.

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