1 mars 2012
Une légende vivante de la motoneige
Par: Maxime Desroches
Marcel Fontaine pose fièrement avec la plaque qu'on lui a remise lors de son intronisation au Temple de la renommée de la motoneige, le 18 février.

Marcel Fontaine pose fièrement avec la plaque qu'on lui a remise lors de son intronisation au Temple de la renommée de la motoneige, le 18 février.

Marcel Fontaine se dévoue corps et âme depuis plus de 40 ans aux courses de motoneige, la passion qui l’anime depuis le jour qu’il y a été initié, au début des années 1970. Le 18 février, c’est toutefois l’univers de la motoneige qui a tenu à le remercier pour son travail infatigable accompli lors des quatre dernières décennies, alors qu’il a été intronisé par la Snowmobile Hall of Fame, à St. Germain, au Wisconsin. Un honneur amplement mérité pour l’un des pionniers de son sport, principalement en matière de réglementation et de sécurité.

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Le résident de Saint-Hugues, ex-enseignant à l’école secondaire Casavant et retraité depuis 2002, fait désormais partie d’un club sélect qui compte à ce jour seulement quatre autres Québécois, soit Gilles Villeneuve, Yvon Duhamel, Claude Desrosiers, et le fondateur de l’empire Bombardier, Joseph-Armand Bombardier.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’homme de 63 ans a dû s’accorder une période de réflexion avant de confirmer sa présence au Wisconsin. L’ironie du sort fait en sorte que la cérémonie d’intronisation de M. Fontaine — et des trois autres membres introduits en 2012— concordait avec la 30e édition du Grand Prix de Valcourt, événement mythique pour lequel il occupe les fonctions de directeur de courses, en plus de voir à la planification des différentes épreuves depuis ses débuts, en 1983.Lors des 29 éditions précédentes, Marcel Fontaine avait été présent à toutes les journées de compétition, sans la moindre exception.« Dans mon coeur, le Grand Prix de Valcourt, c’est le plus grand événement de courses de motoneige au monde. Ça n’a pas été une décision facile que de renoncer à y être pour le 30e en raison de mon attachement pour cette fin de semaine. Valcourt, c’est aussi à mon avis la Mecque de la motoneige, quoiqu’en pensent certains Américains chauvins qui croient qu’elle se trouve à Eagle River, au Wisconsin », confie-t-il sur une pointe d’humour.

Un penseur avant-gardiste

Dans l’Est du continent, ainsi que dans plusieurs États américains, la réputation de Marcel Fontaine en tant que précurseur de la sécurité à motoneige n’est plus à faire. Année après année, le Saint-Huguois est convié à un conseil de réglementation, tenu à Milwaukee par l’International Snowmobile Racing, « le Pape de la course de motoneige », où l’on débat de certains dossiers liés à la sécurité des pilotes sur les circuits, tant sur les pistes ovales que sur les tracés de snocross.

« J’ai toujours eu à coeur l’aspect sécuritaire des courses de motoneige, que ce soit durant mes années comme pilote, comme mécano ou comme directeur de courses. C’est en partie ce que j’ai voulu rappeler aux invités présents lors de mon intronisation. Tant mieux si mes efforts ont contribué à limiter le nombre d’incidents durant les épreuves », évoque-t-il.Fondateur et président de Super Compétitions Motorisées, une association qu’il a mise sur pied en 1996 après avoir quitté le Circuit de courses de motoneige du Québec (CCMQ), M. Fontaine a établi des partenariats solides et durables avec deux autres associations, l’une ontarienne, l’autre de la côte Est américaine, afin de former la Eastern Pro Tour, un circuit qui roule sa bosse depuis le milieu des années 90 et qui présente un calendrier de courses sur ovales et en snocross, notamment.

Vivre sa passion à fond

Lorsqu’il s’est retiré du monde de l’enseignement, en 2002, Marcel Fontaine pensait bien pouvoir se consacrer à sa passion. Cinq jours plus tard, lors d’un examen de routine, son médecin lui apprenait toutefois avoir decelé une anomalie. Des tests plus approfondis s’imposaient.

Puis, en novembre de la même année, on lui diagnostiquait un cancer de la prostate, lequel a nécessité une opération deux mois plus tard. Depuis ce temps, son état de santé a beau être stable, celui-ci demeure fragile. De juillet 2010 à mars 2011, il a suivi avec succès ses derniers traitements de chimiothérapie. Même durant cette rude épreuve, le passionné de motoneige a tenu à conserver ses fonctions de directeur de courses.« Pour moi, la pire punition aurait été de m’empêcher d’y participer en raison de ce que je vivais. À mon souvenir, ce n’est arrivé qu’une fois durant ces quelques mois que, par fatigue, je quitte pendant une épreuve », raconte-t-il.Son épouse Brigitte à ses côtés, Marcel Fontaine insiste pour dire que tant que la santé le lui permettra, il ne sera jamais bien loin d’une piste de course de motoneige. Il souhaite demeurer une sommité quant à la législation des courses, et continuer d’agir comme mentor auprès de jeunes motoneigistes talentueux, une facette de son sport qu’il apprécie énormément.« De voir une plaque à mon effigie auprès de celles des autres pionniers lors de mon passage au Hall of Fame m’a convaincu que j’en ai encore beaucoup à donner à ce sport même après 40 ans. De toute façon, avec la passion qui m’habite encore, je souhaite bonne chance à celui qui voudra m’en éloigner! »

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