15 octobre 2020
Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe
Une lourde perte
Par: Martin Bourassa

Il n’y a jamais de bon moment pour perdre une personne phare dans son organisation. Mais il y a assurément des moments pires que les autres. En voici un.

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C’est un peu ce qu’on se dit quand on s’attarde aux conséquences du départ annoncé de la directrice générale du Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSSH) – l’ancienne commission scolaire -, Caroline Dupré.

Cette annonce survient au moment où le navire scolaire vogue à vue en pleine pandémie et qu’il doit se réinventer en mettant en place une toute nouvelle gouvernance. Les administrateurs du tout premier conseil d’administration du CSSSH auront donc comme premier mandat celui de pourvoir le poste le plus important de toute l’organisation. Engagez-vous, qu’ils disaient, voilà qui met un peu de pression, non?

Vraiment, le timing ne pouvait pas être plus mal choisi pour un changement de garde, mais ce n’est pas la faute de la principale intéressée. On ne peut lui en vouloir. Quand les belles opportunités se présentent, il faut les saisir. Et nul doute que de se faire offrir le poste de présidente-directrice générale de la Fédération des centres de services scolaires du Québec appartient à la catégorie des offres qu’on ne peut pas refuser. Surtout si on a l’impression d’avoir un peu fait le tour du jardin et qu’on a encore de bonnes années à offrir avant la retraite.

Après huit ans passés aux commandes de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, Caroline Dupré a donc jugé qu’elle était mûre pour relever un nouveau défi, après près de 30 ans passés dans le merveilleux monde de l’éducation où elle a gravi tous les échelons avec succès et découvert tous ses rouages.

De mémoire de rédacteur en chef, ma première rencontre avec elle remonte au temps lointain déjà où elle occupait le poste de directrice de l’école primaire Plein-Soleil à Sainte-Hélène.

Disons qu’elle n’a jamais cessé de rayonner depuis au sein de sa commission scolaire comme à l’extérieur.

Nul doute qu’elle saura se faire aimer et apprécier à Québec où ses qualités de rassembleuse, de leader inspirante et déterminée, de dirigeante qui sait bien s’entourer et bien saisir le pouls de ses troupes sauront faciliter grandement son adaptation. Ses qualités personnelles seront aussi grandement utiles au sein d’une organisation beaucoup plus revendicatrice et politique que celle qu’elle laisse derrière elle.

Parlant de ce qu’elle laisse derrière, outre de bons souvenirs, Caroline Dupré quitte son poste au moment où le centre de services scolaire traverse une période de grande turbulence au niveau de son fonctionnement, gracieuseté du projet de loi 40 sur la réforme de la gouvernance scolaire qui s’est entre autres traduit par l’abolition des élections scolaires et la mise en place des centres de services scolaires en juin dernier. La mise en place de conseils d’administration formés de parents, de membres issus de la communauté et de membres du personnel. La désignation des derniers membres a eu lieu il y a quelques jours à peine!

Il faudra donc que tout ce beau monde se mette rapidement au travail pour dénicher une perle rare et qu’il soit bien supporté dans cet important mandat.

Si je peux me permettre un conseil à l’intention du comité de sélection qui sera formé, ce serait d’avoir un préjugé favorable à l’égard des candidatures provenant de l’interne.

Traditionnellement, la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe est certes l’organisme public maskoutain qui a fait le plus confiance au talent local aux postes clés pour assurer son fonctionnement et son développement.

En misant sur des gens qui connaissent bien la culture organisationnelle, ses valeurs, ses rouages, ses forces, ses faiblesses, son positionnement et son environnement, elle ne s’est jamais trompée. À la direction générale, la moyenne de réussite de la commission scolaire est élevée.

Pensons aux Jacques Dupré, Serge Roy, René Saint-Germain, puis évidemment à Caroline Dupré. Même si l’expérience avec Yvan Gauthier, un cadre transfuge de la CS des Patriotes aura été heureuse, la seule véritable erreur de parcours depuis 30 ans remonte à la fois où on a osé penser en dehors de la boîte en misant sur une gestionnaire sans expérience en éducation et sans véritable passé au sein de la commission scolaire et de la région.

À éviter autant que possible.

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