21 décembre 2017
Nomination de Johanne Brodeur
Une Maskoutaine à la Cour supérieure
Par: Le Courrier
La nomination de Johanne Brodeur comme juge à la Cour supérieure a été annoncée mardi soir par la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould.   Photothèque | Le Courrier ©

La nomination de Johanne Brodeur comme juge à la Cour supérieure a été annoncée mardi soir par la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould. Photothèque | Le Courrier ©

La nomination de Johanne Brodeur comme juge à la Cour supérieure a été annoncée mardi soir par la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould.   Photothèque | Le Courrier ©

La nomination de Johanne Brodeur comme juge à la Cour supérieure a été annoncée mardi soir par la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould. Photothèque | Le Courrier ©

Johanne Brodeur, une avocate bien de chez nous, a été nommée ce mardi juge à la Cour supérieure du Québec pour le district de Montréal. LE COURRIER a pu s’entretenir avec « madame la juge » au lendemain de l’annonce.

La Maskoutaine accueille bien sûr cet avancement avec fierté. « C’est un honneur. Je prends ce rôle avec beaucoup de sérieux. Je rejoins une magistrature de haut niveau et vais être dévouée à maintenir la barre haute », a-t-elle commenté.
Elle se dit aussi heureuse d’apporter sa « connaissance des régions » à la Cour supérieure. Au moment de sa nomination, Johanne Brodeur était directrice des affaires juridiques à l’Union des producteurs agricoles du Québec.
La petite fille de la rue Saint-Pierre, à La Providence, a également cumulé plusieurs postes d’envergure au fil de sa carrière, comme au Barreau du Québec, où elle a rempli plusieurs fonctions avant de devenir Bâtonnière du Québec de 2013 à 2014. Elle a aussi enseigné à l’École du Barreau et au Séminaire de Sherbrooke, a été commissaire à la Commission des services juridiques du Québec et administratrice à l’Ordre des ingénieurs du Québec.
Du Barreau, la juge Brodeur a reçu en 2012 la distinction d’avocat émérite. Plus récemment, le Mérite du Barreau lui a aussi été décerné en reconnaissance de son travail de modernisation de l’ordre professionnel. « Me Brodeur a su rallier les troupes avec détermination et doigté pour “imaginer” ce qu’allait être le prochain Barreau et initier ce chantier titanesque », a-t-on décrit lors de la remise.
De père en fille
À ses débuts dans le métier, elle a commencé dans le cabinet de son père, Me Lindor Brodeur, sur la rue Girouard, où elle est restée 13 ans. En plus de l’intérêt familial pour le droit, la juge Brodeur semblait destinée à cette voie depuis sa tendre enfance. « Le directeur de mon école primaire se rappelle sûrement que je défendais mes amis dans la cour d’école quand il y avait une injustice. L’injustice m’a toujours révoltée », a-t-elle confié pour expliquer son choix de carrière.
De ses années de pratique à Saint-Hyacinthe, elle garde le souvenir d’un milieu chaleureux. « Il y avait une belle collégialité entre les avocats », se rappelle celle qui a été présidente de l’Association des avocats de Saint-Hyacinthe dans les années 1990. Chez nous, elle s’est aussi impliquée durant une décennie au Collège Saint-Maurice, dans les premières années de la laïcité de l’institution. C’est évidemment là qu’elle a étudié plus jeune. Johanne Brodeur a ensuite fait son baccalauréat en droit à l’Université Laval et une maîtrise en droit européen au Collège d’Europe en Belgique.
Elle est par ailleurs membre fondatrice de l’organisme Pro Bono Québec, qui permet à des personnes ou des organismes qui ont peu de moyens d’obtenir quand même des services juridiques.
Rapide et compétente
L’accès à la justice est d’ailleurs l’une des valeurs qui lui tient le plus à cœur. « C’est fondamental », a affirmé la nouvelle juge, en insistant pour une justice « rapide et compétente ». Maintenant qu’elle sera l’un des rouages du système, cette responsabilité « va être sur [s]es épaules » et elle devra être à la hauteur de ses propres attentes, a-t-elle souligné.
La juge Brodeur traitera notamment des causes civiles et matrimoniales à la Cour supérieure, a-t-elle indiqué. Ce tribunal compte environ 145 juges. Johanne Brodeur remplacera la juge Francine Nantel, qui a démissionné au début du mois.
La native de Saint-Hyacinthe réside en ce moment à Montréal, mais revient souvent en Montérégie, où se trouve encore toute sa famille. Preuve qu’on ne sort jamais complètement une Maskoutaine de sa région, elle affirme songer prochainement à l’achat d’une ferme près de Sainte-Cécile-de-Milton. Une juge fermière…on aura tout vu!

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