28 mars 2013
Victime d'une bactérie associée à la gangrène
Une Maskoutaine réclame 830 000 $ au CSSSRY
Par: Jean-Luc Lorry

Une Maskoutaine convaincue d’avoir contracté une bactérie associée à la gangrène à la suite d’une intervention chirurgicale subie à l’Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe a décidé de poursuivre en justice le centre hospitalier.

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En raison d’une grave infection survenue après l’opération, Martine Robineau a perdu 80 % de l’usage de son bras gauche. Elle réclame 830 000 $ au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Richelieu-Yamaska.

« Je ne crois pas être victime de malchance, mais plutôt de négligence. Des précautions supplémentaires auraient dû être prises lors de l’opération en raison de mon état de santé », considère sur un ton grave Martine Robineau. Technicienne en laboratoire, Mme Robineau a dû mettre une croix sur les 15 années qui lui restait à travailler. Aujourd’hui, cette femme âgée de 50 ans dispose d’un revenu généré par ses cotisations à la Régie des rentes du Québec et d’une assurance-salaire.

Des complications

À la suite d’une vilaine chute survenue alors qu’elle promenait son chien, Martine Robineau est opérée à Saint-Hyacinthe en juin 2009 pour une fracture de l’humérus. Quelques jours plus tard, elle constate une inflammation de la zone opérée.

Elle retourne à l’Hôpital Honoré-Mercier où l’on pratique une seconde chirurgie. L’on constate alors la présence de la bactérie Clostridium perfringens qui est souvent associée à des cas de gangrène.La requête introductive d’instance dont LE COURRIER a obtenu copie mentionne que la docteure Anne Vibien, microbiologiste et infectiologue à l’Hôpital Honoré-Mercier, « soulève la possibilité que l’infection soit d’origine nosocomiale (contractée dans un établissement de santé) ».Selon Mme Robineau, un autre patient aurait contracté la bactérie Clostridium perfringens durant la période pendant laquelle elle a été hospitalisée.« Dans ma chambre, j’ai entendu un médecin indiquer à l’infirmière l’existence d’un autre cas affecté par cette même bactérie », se souvient-elle.

Manque de transparence?

L’avocat de Martine Robineau reproche le manque de transparence du CSSS Richelieu-Yamaska. « On refuse de nous remettre tous rapports qui auraient un lien avec les événements », déplore Me Robin Godbout, du cabinet PBE Avocats de Saint-Hyacinthe.

Lorsque ce juriste a pris connaissance du dossier médical de sa cliente, il dit avoir constaté avec surprise que certains éléments ont été masqués.« Je pense que la direction du centre de santé a voulu étouffer l’affaire », croit Mme Robineau. La défense produite au dossier de cour par les procureurs du CSSS Richelieu-Yamaska indique que « le rapport de microbiologie (au dossier médical) confirme la croissance de Clostridium perfringens ».Le centre hospitalier estime que la contamination de la plaie opératoire par une bactérie a pu provenir du sol où Martine Robineau a chuté. Une interprétation que conteste la principale intéressée en affirmant que sa chute n’a pas provoqué une plaie ouverte, ni même des égratignures.Les deux parties attendent une date de procès.

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