15 septembre 2016
Transport ferroviaire
Une mobilisation sans Saint-Hyacinthe
Par: Rémi Léonard
Plus de trains pourraient passer à Saint-Hyacinthe si le projet de VIA Rail va de l’avant. Plusieurs chambres de commerce de l’axe Québec-Montréal ont appuyé le projet dans une lettre ouverte parue dans l’édition du COURRIER du 8 septembre. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Plus de trains pourraient passer à Saint-Hyacinthe si le projet de VIA Rail va de l’avant. Plusieurs chambres de commerce de l’axe Québec-Montréal ont appuyé le projet dans une lettre ouverte parue dans l’édition du COURRIER du 8 septembre. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le milieu des affaires québécois s’est récemment porté à la défense du projet de VIA Rail d’implanter un train à grande fréquence (TGF) entre Québec et Windsor.

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Dans une lettre ouverte, dix chambres de commerce du corridor Québec-Montréal ont encensé ce projet « fort prometteur », selon elles, qui amènerait « de nombreuses retombées […] tant sur la rive nord que sur la rive sud ».

Chiffré à 5,25 G$ sur cinq ans, le projet de TGF mise sur la création d’un réseau ferroviaire exclusif au transport de passagers, puisqu’en ce moment VIA Rail utilise principalement les rails du CN, où la priorité est donnée au transport de marchandises.

Ce réseau permettrait des liaisons plus fréquentes, plus rapides et plus fiables entre les grandes villes, ce qui ferait tripler l’achalandage.

Les chambres de commerce de Montréal, de Québec, de Laval, de la Rive-Sud et de Drummond notamment, se sont portées en faveur du projet, mais celle de la grande région de Saint-Hyacinthe ne fait toutefois pas partie des signataires. « Ça fait longtemps que je n’ai pas entendu parler de ce dossier-là. Disons qu’on sentait que ça nous concernait moins », a commenté son président Simon Giard pour expliquer la position de la chambre. Il faut savoir que l’itinéraire pour relier Montréal et Québec semble de plus en plus arrêté sur la rive nord du fleuve, en passant par Trois-Rivières.

Changer un échec en opportunité

Une situation qui ne décourage pourtant pas nos voisins de Drummondville, qui espèrent même devenir un pivot vers Montréal et Québec avec la construction d’une gare intermodale, rapportait à la fin août L’Express. Le président de la Chambre de commerce et de l’industrie de Drummond, Gerry Gagnon, a expliqué au COURRIER que grâce à sa position géographique, la logique voudrait que Drummondville devienne au cœur d’un transport ferroviaire « intercité ». « La clé, c’est d’augmenter la fréquence et de rendre les horaires intéressants pour les passagers », a-t-il plaidé en entrevue. Lui et le maire de Drummondville ont d’ailleurs été rencontrés par le président et chef de la direction de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, en août dernier pour discuter du projet.

Devant l’évidence que la rive nord serait choisie, Gerry Gagnon est arrivé à la conclusion qu’il fallait cesser « les guerres de clochers » et plutôt s’unir pour appuyer le projet du transporteur. Sa réalisation n’est en effet pas encore assurée et dépend en partie de l’appui financier du fédéral. C’est pourquoi les chambres de commerce invitent les élus de tous les paliers à se ranger derrière le TGF. L’important, a résumé l’intervenant du Centre-du-Québec, c’est de plaider d’une voix pour davantage de trains sur nos rails, et ce, « peu importe la rive ».

Et Saint-Hyacinthe?

Le TGF entre Montréal et Québec n’effectuerait qu’un seul arrêt sur la rive nord, à Trois-Rivières. Là où les visées de Drummondville deviennent intéressantes, c’est qu’un transport interurbain entre cette gare et celle de Montréal pourrait s’arrêter à la gare de Saint-Hyacinthe, qui n’offre actuellement que deux départs et deux arrivées par jour vers la Métropole.

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, se dit convaincu que sa ville pourra tirer parti du projet de VIA Rail, souhaitant lui aussi une augmentation de la fréquence des trains de passagers, à défaut du service de train de banlieue.

Même si la Chambre de commerce de la grande région de Saint-Hyacinthe n’a pas rejoint le récent mouvement de mobilisation en faveur du projet, il assure qu’il la sent « derrière nous depuis le début » dans le dossier. Les dernières discussions à ce sujet remontent au printemps, a-t-il spécifié.

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