6 avril 2017
Intérêt de l’Université de Montréal pour l’usine Olymel
Une nouvelle convention collective clôt le débat
Par: Jean-Luc Lorry
Les quelque 70 employés syndiqués qui se chargeront du fondoir et de l’entrepôt à l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe disposent maintenant d’une convention collective d’une durée de huit ans.  Photothèque | Le Courrier ©

Les quelque 70 employés syndiqués qui se chargeront du fondoir et de l’entrepôt à l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe disposent maintenant d’une convention collective d’une durée de huit ans. Photothèque | Le Courrier ©

Les employés syndiqués de l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe viennent de mettre le couvercle sur toute possibilité de céder cet établissement- qui perdra à l’automne plus de 80 % de sa main-d’œuvre – en renouvelant la convention collective pour une durée de huit ans.

Le dimanche 26 mars, quelque 150 travailleurs d’Olymel réunis en assemblée générale ont accepté à 88 % un nouveau contrat de travail qui viendra à échéance le 30 novembre 2024.

Douze jours plus tôt, le président-directeur général d’Olymel, Réjean Nadeau avait pourtant laissé entendre en entrevue au COURRIER, l’intérêt de l’Université de Montréal – dont fait partie la Faculté de médecine vétérinaire- pour acquérir l’usine de la rue Saint-Jacques. 

Une acquisition à des fins institutionnelles se serait ainsi inscrite dans le projet de développement du Quartier des études supérieures de Saint-Hyacinthe. 

« La convention collective sera signée jeudi (aujourd’hui). Le débat est clos pour une possible vente de l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe. L’acquisition de ces installations par l’Université de Montréal est une spéculation qui dure depuis 15 ans », indique Yves Dupont, conseiller syndical pour les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et responsable du dossier de négociation à l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe.

Le vendredi 29 septembre, cette usine cessera ses activités de désossage de fesses de porc. Seuls le fondoir (fabrication de saindoux) et un entrepôt pour des produits congelés demeureront fonctionnels. Des 401 employés qui occupaient un poste dans ce centre de production, Olymel prévoit conserver 70 personnes. 

Précision du maire

Dans notre précédente édition, le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil saluait un possible rapprochement entre la direction d’Olymel et celle de l’Université de Montréal.

« Il est surréaliste de lire que M. Corbeil trouve intéressante l’idée d’une future vocation institutionnelle du site », mentionne Yves Dupont. 

Récemment, M. Corbeil a d’ailleurs tenu à préciser sa pensée sur un dossier visiblement sensible en tenant un tout autre discours. « Ce qui est important pour moi, c’est que l’on maintienne un maximum d’emplois dans cette usine. Nous en avons bien trop perdu. »

Du côté syndical, on regrette une inaction des autorités municipales à la suite de l’annonce de la fin des activités de désossage en août 2016. 

« Depuis cette annonce, nous n’avons eu aucun contact avec le maire Corbeil, ni d’aide de la Ville de Saint-Hyacinthe pour trouver une nouvelle vocation à l’usine », déplore Yves Dupont.

Plan de relocalisation

Alors que les activités de désossage de fesses de porc cesseront fin septembre, le plan de relocalisation pour replacer dans l’entreprise les employés touchés par cette restructuration est prolongé jusqu’à fin novembre. 

Jusqu’à maintenant, une centaine de travailleurs ont réussi à se trouver un autre emploi dans un établissement d’Olymel situé dans un rayon de 70 kilomètres de Saint-Hyacinthe.

À ce chiffre, il faut ajouter une trentaine de travailleurs qui sont en période d’essai pour un nouveau poste dans l’entreprise.

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