7 mars 2013
Une odeur de déjà-vu
Par: Martin Bourassa
Publicité
Activer le son

Le conflit de travail qui s’étire à l’Hôtel des Seigneurs et centre de congrès de Saint-Hyacinthe commence à sentir drôlement mauvais.

Il perdure depuis le mois d’octobre, et ça, je soupçonne le syndicat des employés de ne pas l’avoir vu venir. Ceux qui misaient sur un règlement rapide, avant la période faste des Fêtes, ont perdu leur pari et sous-estimé la détermination patronale.Celle-ci n’a pas hésité à sacrifier une haute saison, convaincue qu’elle hypothéquerait bien davantage sa compétitivité en pliant devant ses employés. Les grands stratèges syndicaux se sont royalement plantés; pire, ils continuent de s’enfoncer.Et nous voilà au mois de mars, devant une impasse, chacune des parties bien campée sur ses positions, en espérant que l’adversaire se fatigue et plie.Le syndicat a récemment tenu une assemblée pour rappeler sa solidarité malgré le temps et l’indifférence qui passent; la partie patronale n’a pour sa part annoncé rien de moins que la mise en vente du complexe, en soulignant avec raison qu’il est loin d’être acquis qu’un éventuel acheteur préserverait la vocation actuelle du complexe hôtelier. Le syndicat associe cette tactique à un bluff. Pourtant, rien n’est moins sûr.Des hôtels en conflit de travail ou en difficultés financières qui ferment et se transforment en tour de bureau, en résidence de personnes âgées ou qui sont simplement rasés, on en a vu à Montréal, Québec et Sherbrooke.Des conflits de travail qui s’étirent et qui se terminent par des fermetures d’entreprises, ça aussi on en a vu. Même qu’on en a déjà trop vu dans la région maskoutaine.Suffit de consulter les archives du COURRIER… ou de la CSN!Plus ça va et plus le conflit de travail à l’Hôtel des Seigneurs sent mauvais et nous ramène l’odeur pestilentielle de la saga de l’usine Olymel de Saint-Simon ou du IGA Picard dans le secteur Douville. Dans les deux cas, on peut dire sans se tromper que la partie de bras de fer n’a fait que des perdants. On a célébré en octobre dernier les cinq ans de la fermeture de l’usine de Saint-Simon et le IGA Picard n’a jamais rouvert.Mais dans le cas de l’Hôtel des Seigneurs et du centre de congrès, les dommages collatéraux sont sans commune mesure avec ceux associés à la fermeture d’une épicerie de quartier. C’est une ville et toute une région qui pourraient souffrir d’une fermeture du complexe ou d’un changement de vocation radical.En l’espace de quelques mois déjà, on calcule les pertes associées au conflit en millions de dollars et le compteur tourne. Pour avoir une idée de l’importance économique du complexe hôtelier et de congrès pour la région, sachez que bon an, mal an les retombées associées au secteur touristique à Saint-Hyacinthe s’élèvent à 20 M$ selon les chiffres du bureau de tourisme et des congrès local. Sur ce nombre, le tourisme d’affaires représente à lui seul une manne de 15 M$. Et qui dit tourisme d’affaires chez nous, dit essentiellement congrès et réunions, donc Hôtel des Seigneurs et centre de congrès. Il est plus que temps de régler ce conflit et de balayer cette mauvaise odeur qui n’annonce rien de bon pour personne.

image