23 mars 2017
Olymel
Une option alléchante
Par: Martin Bourassa
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Disons que la trop longue attente en aura valu la peine. Fidèle à son habitude, Réjean Nadeau n’a pas tourné autour du pot. Il était préparé et il a répondu à toutes les questions du journaliste Jean-Luc Lorry avec générosité. 

Vous avez pu lire ses réponses, et les apprécier, dans le compte-rendu que nous avons publié dans notre édition du 23 mars. Que faut-il comprendre de cet exercice? Retenons surtout que la porte est ouverte en vue d’un changement de vocation du site industriel de la rue Saint-Jacques, où l’usine de désossage de fesses de porc Olymel fermera en novembre, ne laissant sur place que 70 employés affectés au fondoir. 

À la question « Seriez-vous prêt à transférer dans une autre usine d’Olymel les activités restantes à Saint-Hyacinthe au profit d’une revitalisation du site? », M. Nadeau a répondu par la question « Vous pensez à l’Université de Montréal? Cela pourrait être une option alléchante ». Alléchante, c’est le qualificatif employé par ce fin renard, avant d’ajouter que le déménagement du fondoir serait quelque chose de complexe et d’excessivement coûteux. Bref, il vient de fixer le prix très haut, en bon négociateur qu’il est, mais il n’a pas fermé la porte à l’idée de se départir de cet actif qui deviendra sous-utilisé à très court terme. Il aurait pu tuer dans l’œuf cette alternative que représente la revalorisation du site, mais il y voit plutôt et on le répète « une option alléchante ».

On s’entend que cette option doit l’être pour tout le monde. Pour Olymel et pour la Ville de Saint-Hyacinthe. Et nous y voyons certainement des avantages pour les deux parties. Il y a ici une occasion à saisir le plus rapidement possible. Ce n’est un secret pour personne que la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe commence à être un peu coincée sur la rue Sicotte et que ses rêves d’expansion se trouvent ainsi limités. Le développement d’un quartier des études supérieures de Saint-Hyacinthe passe assurément par la mise en valeur à des fins éducatives des terrains appartenant à Olymel et au CIAQ, près du cégep. Une cité étudiante ou un campus avec résidences serait un atout précieux. Ce campus en devenir pourrait aussi redonner une certaine quiétude et une homogénéité au quartier résidentiel qui ceinture les installations d’Olymel.

Cela aurait aussi l’avantage d’éviter que Saint-Hyacinthe se retrouve avec une coquille vide, comme c’est le cas à Saint-Simon et Saint-Valérien. Pour Olymel, consentir à bon prix à redonner aux Maskoutains le plein contrôle de l’avenir de ce site stratégique pourrait être une belle façon de redorer une image ternie par la fermeture de trois sites de production dans la région même où loge son siège social. Nous avons mis la table, alors place à la négociation.

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