28 janvier 2016
Projet de resto-bar chez Brasseurs du Monde
Une pilule difficile à avaler pour la concurrence
Par: Jean-Luc Lorry
L’espace de dégustation de Brasseurs du Monde appelé Le Picoleur devrait prendre la forme d’un resto-bar dans la future bâtisse industrielle où logera l’entreprise.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’espace de dégustation de Brasseurs du Monde appelé Le Picoleur devrait prendre la forme d’un resto-bar dans la future bâtisse industrielle où logera l’entreprise. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le changement de zonage demandé par Brasseurs du Monde auprès de la Ville de Saint-Hyacinthe en vue d’opérer un resto-bar dans les murs de la bâtisse industrielle où il souhaite déménager ses opérations cet automne fait réagir, a constaté LE COURRIER.

Installée depuis sa création sur le boulevard Choquette, Brasseurs du Monde ­partagera bientôt l’immeuble commercial où loge le comptoir Vin en Vrac sur la rue Picard (voir autre texte).

Pour faire connaître ses produits, le brasseur maskoutain dispose à même sa bâtisse industrielle d’un salon de ­dégustation, Le Picoleur, où sont vendus uniquement les bières confectionnées sur place. Le propriétaire de Brasseurs du Monde, Gilles Dubé, veut transférer ce concept dans ses futurs locaux en ­permettant en plus à la clientèle de consommer un repas.

À la suite d’une recommandation ­favorable du Comité consultatif d’urbanisme, les élus voient d’un bon oeil « l’opération d’un resto/bar à même le ­local de la brasserie industrielle », peut-on lire dans la demande de modification de règlement. Ce règlement sera en ­vigueur s’il n’est pas contesté par le voisinage immédiat.

L’arrivée d’un nouveau resto-bar à Saint-Hyacinthe ne laisse pas indifférents certains propriétaires d’établissements qui exercent ce type d’activités.

« D’un côté, les restaurateurs du centre-ville se mobilisent, investissent et ­organisent des activités pour se sortir la tête de l’eau. De l’autre, la Ville autorise l’ouverture d’un nouveau resto-bar en zone industrielle », déplore Sophie ­Picard, copropriétaire du resto-bar Le Bouffon situé sur la rue Sainte-Anne.

« Le milieu de la restauration a déjà de la difficulté à survivre au centre-ville. En ajoutant un nouveau joueur, il est ­possible que certains d’entre nous ­finissent par disparaitre… », craint la femme d’affaires.

Copropriétaire de la microbrasserie Le Bilboquet sur la rue des Cascades, ­François Grisé dit qu’il n’investirait pas dans un projet de resto-bar situé au plein coeur d’un parc industriel. « Je ne ­m’opposerai pas à ce projet. Par contre, je m’interroge sur sa viabilité », indique M. Grisé.

Selon lui, la volonté du propriétaire de Brasseurs du Monde d’intégrer une aire de restauration dans le parc industriel Olivier-Chalifoux nécessite l’obtention d’un permis de brasseur et d’un second pour opérer un restaurant.

« Je pense qu’il devra y avoir deux entités administratives sous un même toit », croit M. Grisé qui fut l’un des premiers à ouvrir une microbrasserie en région.

En 1999, la Ville avait interdit l’implantation de nouveaux bars et restos-bars à l’échelle de la Ville. ­Depuis 2012, la municipalité a levé partiellement ce moratoire en autorisant l’implantation de nouveaux restos-bars ou restos-pubs au centre-ville.

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