19 août 2021
Planche nautique sur la Yamaska
Une problématique qui fait encore des vagues
Par: Laurent Théoret

Stéphane Lépine, un résident de Saint-Hyacinthe aux abords de la rivière Yamaska, n’a pu que constater les dégâts sur son bateau à moitié coulé en raison des immenses vagues créées par les bateaux de wakeboard. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

En 2019, la Ville de Saint-Hyacinthe avait lancé une campagne de sensibilisation pour limiter la pratique de la planche nautique, aussi appelée wakeboard. Mais deux ans plus tard, le problème ne semble toujours pas réglé.

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Malgré toutes les mesures employées par la Ville pour essayer de dissuader les gens de pratiquer cette activité, les adeptes de wakeboard continuent de faire leur chemin sur la rivière Yamaska. Stéphane Lépine, un résident de Saint-Hyacinthe qui habite aux abords de la rivière, en a ras le bol des vagues surdimensionnées créées par les bateaux utilisés pour ce type d’activité. « C’est tellement dangereux. Mon bateau a coulé et mon quai s’est tordu à cause des vagues qu’ils provoquent », explique-t-il.

Plusieurs personnes ne peuvent même plus profiter de leur quai ou même de la rivière tellement leur sécurité est compromise lors du passage de ces embarcations. Selon M. Lépine, même les kayakistes et ceux en planche à pagaie (paddleboard) vont se mettre sur le côté de la rivière le temps que les planchistes passent, par peur de chavirer. « Je ne veux même pas emmener mes petits-fils sur le quai et profiter de la rivière », dit le Maskoutain, réitérant la dangerosité de cette activité.

Outre l’enjeu de la sécurité, les immenses vagues créées causent de l’érosion sur les terrains en bordure de la rivière et les résidents perdent chaque année quelques centimètres de terrain. Le problème n’est pas seulement à Saint-Hyacinthe, mais s’étend jusqu’aux municipalités de Saint-Damase et Saint-Pie.

Il faut noter que la rivière est sous juridiction fédérale et que la Ville et même la Sureté du Québec n’ont aucun pouvoir pour intervenir autre que de sensibiliser les gens à cette problématique. « C’est très dommage pour le citoyen et nous sommes concernés par ce fléau, mais nous n’avons aucun pouvoir de décision sur la rivière », explique l’élu du quartier Douville, André Beauregard.

En ce qui concerne la Sureté du Québec, qui patrouille sur le territoire de la région de Saint-Hyacinthe, elle manque de moyens pour intervenir dans ce genre de situation. Si aucune loi ou interdiction n’est en vigueur, elle ne peut rien faire d’autre que d’augmenter le nombre de patrouilles nautiques et d’essayer de sensibiliser les gens.

Un problème au fédéral?

De son côté, le député de Saint-Hyacinthe–Bagot, Simon-Pierre Savard-Tremblay, estime qu’Ottawa nie l’existence d’un tel problème, car ils ne veulent pas s’en occuper. « Pour que le gouvernement se tourne vers le sujet, la Municipalité doit remplir plusieurs longs documents et cela prend plusieurs années avant qu’il n’intervienne réellement, raconte le député. Les municipalités doivent prouver hors de tout doute qu’il y a un problème. Normalement, quand on appelle le 911, il ne faut pas prouver qu’on est en danger, alors pourquoi le faire dans ces cas-là? » Il souhaiterait qu’une loi permettant aux villes et municipalités d’avoir plus de pouvoir concernant ces dossiers puisse aider leur résolution.

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