29 août 2013
Garde-robe scolaire
Une rentrée à l’effigie du Collège Saint-Maurice
Par: Jennifer Blanchette

Les étudiantes du Collège Saint-Maurice ne sont pas les seules à débuter les classes cette semaine. Avec elles, la garde-robe scolaire fait sa rentrée, après plus de 40 ans d’absence.

La décision a été prise à la suite d’un sondage proposé en 2011. À la fois les élèves et leurs parents approuvaient en majorité le port d’un uniforme au CSM.

Puisque la direction de l’établissement souhaitait que le costume soit davantage qu’un vêtement imposé, elle avait mis sur pied un comité regroupant des membres de l’administration, des parents, mais surtout, des élèves. « J’ai vraiment aimé faire partie de ce comité et pouvoir sonder l’opinion des filles en classe pour ensuite la partager avec le conseil. J’étais d’accord avec le port de l’uniforme dès le départ et je crois que cela peut aider à faire diminuer les préjugés par rapport aux vêtements », soutient Shanie Martel, étudiante en 5 e secondaire au programme d’éducation internationale. Sa collègue Eugénie Tardif, aussi membre du comité, ne peut qu’approuver. « Nos idées ont été vraiment prises en compte. C’était important, car on ne voulait pas que ce soit laid non plus! », s’exclame l’adolescente, aussi étudiante au programme d’éducation internationale.Plus d’une quinzaine de morceaux, dans des tons de blanc et rouge pour les hauts et de marine et sable pour les bas, sont offerts aux jeunes filles. Le fournisseur, L’habit fait la mode, a su respecter les goûts des étudiantes du CSM. « Plusieurs collections ont été retenues afin d’offrir un vaste choix de vêtements aux élèves et s’assurer de répondre à leurs besoins. Certaines de nos filles sont plus sportives, alors que d’autres sont plus classiques. Les étudiantes auront même quelques pièces faites sur mesure », explique Jean-Pierre Jeannotte, directeur général du CSM.D’après M. Jeannotte, l’arrivée de la garde-robe scolaire permettra d’éviter le clivage social entre les élèves, en plus de faciliter le magasinage de la rentrée pour les parents. « L’établissement avait déjà un code vestimentaire et pour certains parents, cela compliquait la tâche. Quelques-uns me disaient même à la blague que je devrais les aider à faire leurs emplettes. Avec l’uniforme, nous espérons aussi développer le sentiment d’appartenance des élèves envers l’institution », avance le directeur. Les parents devront débourser environ 500 $ pour se procurer une garde-robe scolaire complète, une somme que Jean-Pierre Jeannotte juge raisonnable. « L’implantation de l’uniforme relevait aussi d’une préoccupation économique. À moyen terme, l’achat de la garde-robe scolaire représente une économie lorsqu’on la compare au prix des vêtements griffés. L’école organise même un bazar à la fin de l’année, ce qui permettra aux parents d’acheter des vêtements scolaires usagés à moindre prix. »Dans l’ensemble, les étudiantes semblent satisfaites d’amorcer l’année scolaire aux couleurs du CSM. « J’ai beaucoup d’amies qui disent que l’uniforme est moins pire que ce qu’elles avaient imaginé. Ce ne sont pas nos vrais vêtements, mais ça répond bien à nos attentes », se réjouit Shanie. Aucun établissement d’enseignement public de Saint-Hyacinthe ne compte adopter l’uniforme dans un avenir rapproché, à l’exception de l’école Fadette. Depuis l’an dernier, le port du demi-costume est imposé entre ses murs.

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