8 octobre 2015
Centre des congrès et hôtel de luxe
Une seconde firme d’architectes dans le décor
Par: Jean-Luc Lorry
Tudor Radulescu, cofondateur de la firme d’architectes Kanva. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Tudor Radulescu, cofondateur de la firme d’architectes Kanva. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le contrat de 880 000 $ octroyé à la firme NEUF architecte(s) par la Ville de Saint-Hyacinthe pour la réalisation des plans et devis du futur centre de congrès municipal intégré à un hôtel quatre étoiles dernier cri profitera également à la firme d’architecture Kanva qui agira comme consultant, a appris LE COURRIER.

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En plus de Kanva, NEUF architecte(s) s’est entourée de trois firmes d’ingénierie (Cima+, Leroux+Cyr et Blondin Fortin) et une de design intérieur, Camdi Design.

« Nous sommes un des membres de l’équipe menée par la firme NEUF architecte(s) au même titre que les ­ingénieurs ou les designers d’intérieurs », justifie Tudor Radulescu, cofondateur de la firme d’architecte Kanva.

Comme les firmes d’architectes ­intéressées par le projet maskoutain ne pouvaient soumissionner en consortium, il n’était pas exclu dans l’appel d’offres qu’une entreprise travaille avec une consoeur comme c’est le cas de NEUF architecte(s) avec Kanva.

« La firme Kanva est une vedette de la conception architecturale au Québec. Celle-ci viendra renforcer l’équipe de conception de NEUF architectes », fait ­valoir Louis Bilodeau, directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Un commentaire partagé par l’un des patrons de NEUF architecte(s) contacté par LE COURRIER.

« J’ai demandé à nos amis de Kanva de nous assister dans ce projet pour améliorer la qualité architecturale. Dans ce ­dossier, nous demeurons la figure de proue », précise Antoine Cousineau, ­associé principal chez NEUF architecte(s). Renommée dans son ­domaine, cette firme qui emploie plus de 100 personnes possède des bureaux à Montréal et Ottawa.

La semaine dernière, le dirigeant de Kanva avait participé à la conférence de presse organisée par la Ville pour présenter les principales étapes de construction. Évalué à 50 M$, le futur complexe sera construit sur le terrain des Galeries St-Hyacinthe.

« Tout sera conçu pour éviter les pertes d’espace. Ce sera un projet distinctif, unique ayant une synergie incroyable avec le centre d’achats », avait vanté M. Radulescu.

Celui-ci était accompagné par Frank Puentes, directeur de projet chez NEUF architecte(s).

Fondée en 2003 avec Rami Bebawi, ­Kanva concentre ses activités sur le ­marché montréalais. À son actif, la firme a été impliquée dans le projet ­immobilier Angus Avenue du Mont-Royal situé sur une ancienne cour de triage de Montréal.

Pour revitaliser un ancien quartier ­industriel proche du quartier de la Petite Italie à Montréal, Kanva avait conçu Alexandra, un projet résidentiel de 38 unités d’habitation.

Si l’on se réfère à son site web, la firme Kanva ne semble pas avoir déjà été ­impliquée dans un projet de centre de congrès ou d’hôtel haut de gamme.

« Nous avons l’habitude de travailler avec NEUF sur d’autres projets et pas ­nécessairement sur des centres de congrès », mentionne M. Radulescu.

Il y a deux ans, en entrevue à l’hebdomadaire Les Affaires, le cofondateur de ­Kanva estimait que sur un projet de construction, l’entrepreneur avait les coudées franches au détriment des ­architectes. « Le rôle de l’architecte est réduit au choix de la couleur de la brique », s’en était inquiété M. Radulescu.

Dans cet entretien, celui-ci mentionnait que sa firme avait renoncé aux contrats publics craignant de ne pas réussir à se qualifier pour de gros projets.

« Il faudrait nous associer à de plus gros cabinets d’architectes, mais nous ­voulons garder notre indépendance », avait-il expliqué.

Cet été, cinq firmes avaient manifesté leur intérêt pour concevoir l’architecture, l’ingénierie et le design intérieur du futur centre de congrès attenant à un nouvel hôtel de 200 chambres.

Parmi celles-ci, la firme ABCP Architecture de Québec s’était déjà ­illustrée en Ville en concevant l’École ­professionnelle de Saint-Hyacinthe et l’agrandissement du Centre des ­technologies textiles.

« Une firme peut faire appel à d’autres architectes si ceux-ci disposent d’une ­expertise précise dans un domaine ou encore s’entendre avec des partenaires locaux. Mais en général, si deux firmes d’architectures sont intéressées par un projet, elles se regroupent en consortium plutôt qu’en procédant à de la sous-traitance », explique Vadim Siegel, architecte associé chez ABCP ­architecture.

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