28 mars 2013
Il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels
Une sentence de 21 mois de prison pourle cyberprédateur de Sainte-Madeleine
Par: Le Courrier
Philippe Julien se retrouve derrière les barreaux après avoir été condamné à 21 mois d'emprisonnement pour des accusations à caractère sexuel sur une mineure.

Philippe Julien se retrouve derrière les barreaux après avoir été condamné à 21 mois d'emprisonnement pour des accusations à caractère sexuel sur une mineure.

Un résident de Sainte-Madeleine a écopé de 21 mois d’emprisonnement, le vendredi 22 mars, au palais de justice de Matane.

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Philippe Julien, 37 ans, avait été reconnu coupable de trois chefs d’accusation : leurre informatique, incitations à des contacts sexuels et attouchements sexuels sur une adolescente de 14 ans.

Une accusation d’agressions sexuelles avait également été portée contre l’individu, mais a été retirée. Lors du prononcé de la sentence, le juge Jules Berthelot a ajouté l’obligation, pour l’accusé, de se soumettre à une thérapie sexuelle. De plus, il a ordonné qu’il soit inscrit au Registre des délinquants sexuels. Le magistrat a donc considéré les recommandations de la Couronne, qui était représentée par Me Guy Loisel. « L’accusé a tissé une toile autour de sa victime, une enfant qui était à une étape charnière de son développement », a soutenu le procureur. Cette peine, que le juge Berthelot a voulu exemplaire et dissuasive, est bien loin de celle proposée par la Défense. Me Élise Gravel suggérait une sentence de 90 jours d’incarcération, assortie de travaux communautaires et de l’obligation de suivre une thérapie sur le plan relationnel.

Le récit

Les faits reprochés se sont échelonnés d’avril à novembre 2011. Philippe Julien, alors âgé de 35 ans, rencontre sa victime par Internet.

La jeune femme affirme être âgée de 18 ans et lui, de 30 ans. Après deux semaines de clavardage, la jeune fille lui avoue qu’elle a menti : elle vient d’avoir 14 ans. Le trentenaire décide de poursuivre quand même la relation.Les deux individus se donnent un premier rendez-vous dans un parc et au cinéma, à Saint-Jean-Chrysostome, sur la rive-sud de Québec, pendant que l’adolescente est en visite chez son grand-père. Là, ils s’échangent des baisers.Un peu plus tard, le cyberprédateur vient rejoindre sa victime à Matane, alors qu’elle se trouve chez sa mère. Pendant cinq à six jours, ils se livrent à divers contacts sexuels dans la voiture de l’accusé. Un mois plus tard, celui-ci loue une chambre d’hôtel à Matane dans le but d’avoir une relation sexuelle complète avec l’adolescente.Entre les rencontres physiques, les deux individus participent à des séances de masturbation sur webcam et s’appellent jusqu’à plusieurs fois par jour. L’homme lui offre un toutou et une bague.Une fois revenue chez son père, avec qui elle habite à Fermont, sur la Côte-Nord, la jeune fille parle de sa relation avec ses amies. La nouvelle se répand alors dans la communauté de 2 900 habitants. Mal à l’aise, la victime décide de dénoncer Philippe Julien à la police, juste avant que celui-ci ne vienne la rejoindre à nouveau, comme convenu.

La descente aux enfers

Lors de son témoignage en cour, la mère de l’adolescente a raconté que, depuis les événements, sa fille avait échoué sa 3 e secondaire et qu’elle pleurait souvent. Depuis les événements, elle n’était plus à l’aise avec l’idée de retourner à Matane et à Saint-Jean-Chrysostome.

De son côté, l’accusé a raconté qu’après sa remise en liberté conditionnelle, il a éprouvé beaucoup de honte à retourner dans son milieu de travail. « J’ai des remords par rapport à ce que j’ai fait, a-t-il admis en cour, avant d’étouffer ses sanglots. J’ai perdu des amis. J’ai eu le soutien de ma famille, mais mon père m’a dit qu’il ne l’acceptait pas. »En janvier, l’homme a déclaré faillite. Un mois plus tard, il a été congédié de son emploi d’agent d’indemnisation, qu’il occupait depuis huit ans au bureau de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) de Saint-Hyacinthe. Son employeur a invoqué une incompatibilité entre les accusations criminelles de son employé et ses fonctions, pour lesquelles il doit utiliser un ordinateur et être en contact avec des mineurs. Ses tâches l’appelaient parfois à fréquenter des écoles et des centres communautaires. La lettre stipule que le fonctionnaire a perdu la confiance du public. « J’ai été congédié en vertu de l’image de la CSST, a déploré Julien, qui détient une formation en technique juridique. Ça va à l’encontre des droits et libertés de la personne. »Lors de sa comparution dans le cadre des représentations sur sentence, Philippe Julien, visiblement nerveux et le souffle court, a lu une lettre destinée aux parents de sa jeune victime, où il dit assumer l’entière responsabilité criminelle de ses gestes. « Je comprends votre colère », a-t-il laissé tomber. À la victime, il s’est excusé du tort causé. « Je souhaite que tous les membres de la famille puissent retrouver une vie normale », a-t-il lu en retenant ses larmes.

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