27 octobre 2011
Gaz de schiste
Une situation alarmante en Pennsylvanie
Par: Jean-Luc Lorry

Une délégation québécoise opposée à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste s’est rendue dernièrement en Pennsylvanie pour constater le niveau d’implantation de cette industrie controversée.

Trois membres du Comité des citoyens pour la protection de l’environnement maskoutain (CCPEM) faisaient partie de cette délégation composée de citoyens et d’élus municipaux.

« À notre retour, nous étions 55 personnes en état de choc qui venaient d’assister à un véritable génocide environnemental et social », indique sur un ton grave Jacques Tétreault, président du CCPEM en entrevue au COURRIER. M. Tétreault considère que le paysage agricole en Pennsylvanie est « massacré » en raison des traces laissées par l’installation souterraine de pipelines. Dans cet état américain situé à une dizaine d’heures de route du Québec, cette industrie est encore au stade expérimental. Toutefois, les puits de forage y poussent comme des champignons, principalement en zone rurale.

Risque de pollution

Guy Rochefort, agronome à la retraite, faisait également partie de ce voyage d’une journée et demie et se dit particulièrement inquiet du risque élevé de pollution provoquée par l’exploration du gaz de schiste.

« Le gaz de schiste est majoritairement composé de méthane, un gaz à effet de serre qui est de 25 à 105 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Le gaz de schiste contient également du radon, un gaz radioactif identifié comme étant la seconde source de cancer du poumon derrière le tabagisme », explique M. Rochefort.Dans le comté de Bradford situé en Pennsylvanie, 92 puits artésiens seraient contaminés par l’industrie des gaz de schiste.Selon leurs observations, les compagnies gazières approchent des familles en difficulté financière en vue d’implanter sur leur propriété un puits de forage. Une industrie qui selon ces deux militants joue également la carte patriotique. « C’est considéré comme un geste patriotique de développer l’indépendance énergétique des États-Unis face aux pays exportateurs de pétrole. Lors de notre voyage, nous avons constaté peu d’opposition à l’industrie du gaz de schiste », mentionne M. Tétreault.Les deux hommes espèrent vivement que le Québec ne vivra pas un scénario similaire d’ici les cinq prochaines années.

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