27 avril 2017
 
Une survivante du cancer complète le marathon de Boston
Par: Maxime Prévost Durand
Une survivante du cancer complète le marathon de Boston

Une survivante du cancer complète le marathon de Boston

Moins d’un an après avoir combattu un cancer du sein, la Maskoutaine Paméla Bouvier a réussi à compléter au cours des derniers jours le marathon de Boston, l’une des plus grandes courses au monde.

La coureuse de 26 ans a franchi le fil d’arrivée en 3 h 30 min 30 s, lui permettant d’atteindre le 1 516e rang parmi les quelque 12 000 femmes qui ont pris le départ. Au total, ils étaient plus de 27 000 participants et elle a terminé à quelques places des 7 000 meilleurs coureurs.

Paméla devait d’abord participer à cette épreuve un an plus tôt. Elle avait atteint les standards requis pour se qualifier lors du marathon de Montréal, en septembre 2015, grâce à un temps de 3 h 29, et avait reçu la confirmation qu’elle était acceptée. « Mais j’ai eu un problème de santé et j’ai dû repousser ma participation », raconte-t-elle lors d’un entretien avec LE COURRIER. 

En décembre 2015, un diagnostic de cancer du sein tombait et allait venir compromettre ses plans de participer au marathon de Boston. Du moins, temporairement. Opérée en janvier 2016 pour retirer la tumeur, elle a ensuite suivi des traitements de chimiothérapie pour combattre la maladie.

Malgré cet obstacle important, elle n’aura été que six semaines sans courir. Dès la deuxième phase de son traitement, elle courait au Défi Gérard-Côté, complétant la distance de 10 km. Puis, en juillet, à peine quelques semaines après la fin du traitement, Paméla complétait deux demi-marathons, avant d’enchaîner avec le marathon de Magog, en octobre. « Ça a été mes pires temps », se souvient-elle.

Même si elle avait dû se retirer du marathon de Boston en 2016, son standard établi à Montréal en 2015 lui permettait toujours de s’inscrire pour l’édition 2017. Un objectif auquel elle s’est accrochée.

Courir avec le sourire

Le 17 avril, la jeune femme a finalement pu prendre le départ du plus vieux marathon au monde, le même qui a couronné le Maskoutain Gérard Côté à quatre occasions dans les années 1940.

« Durant les 25 premiers kilomètres, j’ai couru avec le sourire au visage », raconte-t-elle. C’était jusqu’à ce qu’elle se bute au « heartbreak hill », une montée d’environ 5 kilomètres qui a une réputation redoutée par les coureurs. « À ce moment, je me suis demandé pourquoi je m’étais inscrite pour le marathon », dit-elle en riant.

Au 40e kilomètre, alors que les coureurs entrent dans la ville de Boston, l’ambiance électrique qui se dégageait de la foule lui a donné l’énergie nécessaire pour terminer la course. « Il y avait des gens qui nous encourageaient tout au long du parcours, mais en arrivant dans la ville, c’est devenu encore plus intense, avec plus de gens. Je me suis remise à accélérer et mon cerveau a oublié que j’avais mal aux jambes. »

Quelques minutes plus tard, la Maskoutaine traversait la ligne d’arrivée, où l’attendaient son copain et sa famille. « Quand je suis arrivée au 42e kilomètre, j’ai réalisé que je l’avais vraiment fait. »

S’attaquer aux grandes courses

Paméla s’est mise à la course à pied en 2013 après qu’on lui ait appris qu’elle avait une mutation génétique qui la mettait à haut risque de développer un cancer du sein. À travers l’activité physique, elle voyait ainsi une façon de maintenir une bonne santé.

Depuis, elle s’est toujours fixé des objectifs pour se motiver à l’entraînement. Commençant d’abord avec le demi-marathon, elle s’est vite tournée vers le défi du marathon. Dès son premier, à Montréal, elle avait en tête de se qualifier pour Boston, ce qu’elle a réussi à sa première tentative. Maintenant que le marathon de Boston est coché sur sa liste de réalisations à accomplir, quel sera son prochain objectif?

« Il y a six grandes courses dans le monde, dont celle de Boston. Comme objectif à très long terme, j’aimerais aussi faire les autres grands marathons, soit ceux de New York, Chicago, Londres, Berlin et Tokyo », dit-elle.

À court terme, la jeune femme prévoit faire trois demi-marathons d’ici la fin de l’année, à Longueuil, Sherbrooke et Rougemont, ainsi qu’un parcours de 30 km à Saint-Paul-d’Abbotsford.

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