29 septembre 2016
Carte postale de Marie Chantal Messier
Une vie cosmopolite
Par: Le Courrier
Une vie cosmopolite

Une vie cosmopolite

Même si elle ne l’aurait pas dit exactement dans ces mots, Marie Chantal Messier est une véritable globe-trotteuse. La Valoise d’origine, spécialisée en nutrition et en développement international, ne peut chiffrer le nombre de pays qu’elle a visités. « Entre 35 et 50, j’ai arrêté de compter! » s’esclaffe-t-elle. 

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Même si elle ne l’aurait pas dit exactement dans ces mots, Marie Chantal Messier est une véritable globe-trotteuse. La Valoise d’origine, spécialisée en nutrition et en développement international, ne peut chiffrer le nombre de pays qu’elle a visités. « Entre 35 et 50, j’ai arrêté de compter! » s’esclaffe-t-elle. 

Les divers postes qu’elle a occupés depuis 1994 – année où elle a quitté le Québec – et sa passion pour le tourisme lui ont permis de faire un tour entre autres en Inde, en Afrique du Sud ou encore en Italie. « Je connais plus l’Afrique et l’Europe que le Canada, je n’en suis pas fière », remarque Marie Chantal, maintenant établie depuis trois ans à Montreux dans le sud-ouest de Suisse, à environ une heure en voiture de Genève. 

Cette dernière, qui travaille actuellement pour la multinationale Nestlé, n’avait jamais envisagé plus jeune une carrière internationale qui la mènerait aux quatre coins du monde. « À 25 ans, j’avais un super emploi à temps plein, mais je voulais voyager et je n’en avais pas les moyens, raconte celle qui œuvrait à l’époque en santé publique en Ontario. Un jour, une amie m’a montré une offre de travail au Népal pour le Centre d’étude et de coopération internationale. Ce fut la pire entrevue, mais le soir même on m’a offert un contrat de deux ans au Mali. »

La détentrice d’un baccalauréat en nutrition et diététique à McGill et d’une maîtrise en administration des affaires à l’Université Laval a de fil en aiguille travaillé pour le Programme alimentaire mondiale de l’ONU, la fondation suisse GAIN (Global Alliance for Improved Nutrition) et la Banque mondiale. 

« En 14 ans, j’ai déménagé huit fois », explique celle qui se spécialise plus spécifiquement dans la nutrition des femmes enceintes et des enfants, la dénutrition, le plaidoyer et la diplomatie en santé publique et les pratiques commerciales responsables. 

Elle a particulièrement été marquée par ses séjours en Haïti, en Guinée, en Sierra Leone et au Djibouti. « En Sierre Leone, on est arrivés juste à la fin de la guerre civile, il y avait beaucoup d’enfants mutilés, de la prostitution, se souvient-elle. En Haïti, c’était juste après le départ de Jean-Bertrand Aristide. Il y avait énormément de kidnappings, il fallait se promener en voiture blindée. » Au-delà des conditions difficiles dont elle a été témoin, Marie Chantal se remémore avant tout ses rencontres extraordinaires dans tous les endroits où elle a vécu. « Les pays qu’on visite restent toujours d’une façon ou d’une autre en nous. J’ai rencontré des gens fabuleux, résilients. C’est encourageant, tu as le goût de continuer quand tu vois des gens tellement battants. » L’ancienne élève de la Polyvalente Robert-Ouimet se rappelle entre autres sa première expérience d’accouchement en Guinée, où elle travaillait à développer une meilleure prise en charge nutritionnelle auprès des femmes enceintes et des jeunes mères. « La femme a accouché toute seule. On l’a trouvée avec son bébé sur la table, on a coupé son cordon ombilical et j’ai lavé l’enfant avec un gant de crin. »

Vivre à l’étranger 

Marie Chantal a eu la chance de vivre dans de nombreuses villes partout dans le monde. Parmi celles-ci, elle a particulièrement apprécié son passage à Washington, la capitale des États-Unis, lorsqu’elle occupait un emploi de spécialiste senior en nutrition pour la Banque mondiale, une institution de l’ONU. « C’est vraiment la ville la plus puissante au monde, ça se ressent et se vit chaque jour. C’est aussi une belle ville propre, avant-gardiste, avec un grand gratuit accès à la culture », soutient cette dernière, qui a adoré également ses visites d’Istanbul, de Lisbonne et de Londres. 

Maintenant installée en Suisse, elle profite des décors féériques de la Confédération helvétique pour pratiquer une tonne d’activités de plein air. « Les paysages sont magnifiques. Je fais du ski alpin et du ski de fond, de la plongée sous-marine au lac Léman, de la randonnée », souligne-t-elle, ajoutant que la proximité avec les autres pays d’Europe et les faibles coûts de transport lui permettent de faire beaucoup de tourisme. 

Ayant quitté le Québec depuis une vingtaine d’années, Marie Chantal hésite lorsqu’on lui demande si elle songe à revenir un jour s’établir dans la province. « Je ne sais pas, c’est la question qui tue », répond-elle tout simplement. Une chose est sûre, la globe-trotteuse, qui tente chaque année de rentrer au pays pendant le temps des Fêtes, n’a jamais oublié ses origines. « Le jour de la Saint-Jean-Baptiste, j’ai toujours un gros pincement au cœur. L’an passé, j’ai mangé de la poutine et écouté de la musique québécoise! » rigole-t-elle.

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