11 septembre 2014
Utopie pas si lointaine
Par: Amilie Chalifoux
Karine Giboulo a reconstruit, sous forme de diorama, un bidonville africain. Elle a intitulé l’oeuvre Village Démocratie. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Karine Giboulo a reconstruit, sous forme de diorama, un bidonville africain. Elle a intitulé l’oeuvre Village Démocratie. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Bulle de vie intitulée L’ours qui a vu l’homme. Une propriété du dragon Alexandre Taillefer. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Bulle de vie intitulée L’ours qui a vu l’homme. Une propriété du dragon Alexandre Taillefer. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

D’infimes détails construisent les oeuvres de Karine Giboulo à commencer par ces figurines qui nécessitent pour chacune d’entre elles une journée de travail. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

D’infimes détails construisent les oeuvres de Karine Giboulo à commencer par ces figurines qui nécessitent pour chacune d’entre elles une journée de travail. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

suite de la page A21 → De toute évidence, Mme Giboulo n’a pas froid aux yeux. Sa carrière le démontre bien. Auteure d’un canular dans lequel elle s’est fait passer pour une entrepreneure à la recherche d’un manufacturier, elle a franchi les portes de ces usines à la réputation peu enviable et capté quelques clichés avec lesquels elle s’est inspirée pour la création de ses oeuvres.

Dioramas, bulles de vies et dessins constituent l’exposition Réalité / Utopie présentée à Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe. L’artiste met en scène des personnages et animaux miniatures qu’elle façonne avec de l’argile polymère. À la fois réaliste et imaginaire, son travail remet en question le fonctionnement de notre société.

« Nous sommes pris dans un cycle de consommation imposé par la société et je ne vois pas comment l’on peut en sortir tout seul. C’est ce que je tente de représenter », explique Karine Giboulo en désignant sa plus récente création HYPERLand.

Du plus petit abusé au plus grand exploiteur, les grands acteurs de la consommation prennent vie dans ses oeuvres tristement réalistes malgré les couleurs vives qui tapissent les décors.

Avec Village Démocratie, l’artiste reproduit sous forme de diorama un bidonville africain qu’elle a visité en 2009. Elle a conservé des morceaux de bois et de tôle pour construire les maisons. Il lui a fallu deux ans pour achever cette oeuvre qu’elle décrit comme son projet le plus monumental.

« Je suis allée dans un village nommé Kibera. Il s’agit d’un bidonville grand comme Central Park. J’ai pu y visiter des maisons. J’ai remarqué dans l’une d’elles des fils électriques et j’ai demandé à la propriétaire si elle avait l’électricité. Elle m’a répondu qu’il s’agissait d’une décoration. J’ai trouvé que cela en disait long sur leur qualité de vie », raconte Mme Giboulo.

Malgré la lourdeur des propos que soulèvent l’industrialisation, le capitalisme, l’hyperconsommation et autre problème du monde occidental, s’introduit une touche humoristique dans les oeuvres. La marmotte, par exemple, est un animal qu’affectionne particulièrement l’artiste lorsqu’elle veut représenter le monde occidental.

L’exposition Réalité / Utopie de Karine Giboulo sera présenté jusqu’au 26 octobre à Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe. Une visite commentée se tiendra la journée du vernissage, le samedi 13 septembre à 14 h.

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