7 juillet 2011
Vague de démolitions à Saint-Hyacinthe
Par: Le Courrier

Après l’Arche de l’Expo, c’est au tour de la maison de Casimir Dessaulles d’être rayée de la carte. Elle a été démolie en début de semaine, malgré les pressions du comité de sauvegarde qui craint maintenant pour le patrimoine maskoutain.

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« Le maire Claude Bernier n’a aucune conscience de la valeur patrimoniale de sa ville. Il est en train de la détruire. Saint-Hyacinthe va devenir une bourgade le long d’une autoroute alors qu’elle a déjà été un centre intellectuel, culturel et politique important », a martelé l’arrière-petite-fille de Georges-Casimir Dessaulles, Marie-Josée Raymond.

Impossible de savoir si son aïeul s’est retourné dans sa tombe pendant la destruction de la demeure qu’il a occupée pendant 70 ans, mais la pelle mécanique utilisée dans la démolition s’est quant à elle renversée sur un arbre et deux voitures, retardant l’opération de plusieurs heures.« On peut presque dire que M. Dessaulles s’est lui-même battu jusqu’à la dernière minute contre la destruction de sa maison! », s’est exclamé Jean-Marie Pelletier du comité de sauvegarde.Pour Marie-Josée Raymond, c’était le comble du ridicule. « Le chantier a été un brouhaha total. Visiblement, cette démolition a été mal organisée et a été faite dans la précipitation. Il y a eu un mépris total de faire les choses convenablement dans cette affaire », a-t-elle rapporté.La productrice et scénariste n’a rien manqué de la scène. Caméra à la main, Mme Raymond a passé un long moment à filmer les allées et venues des démolisseurs. « L’histoire va se souvenir de ce que le maire Claude Bernier a laissé être fait », a-t-elle assuré, estimant que la Ville n’a pas levé le petit doigt pour citer la maison de son ancêtre.La maison Dessaulles ne faisait pas exception puisque la Ville de Saint-Hyacinthe n’a cité aucun lieu ni édifice. Seulement cinq infrastructures sont en voie de l’être, notamment la piscine Laurier et la Porte des anciens maires.Rappelant les efforts constants du comité de sauvegarde depuis février, Jean-Marie Pelletier s’est dit prêt à se battre pour protéger les autres lieux patrimoniaux maskoutains. « La prochaine étape sera de rassembler des citoyens sensibles au patrimoine et prêts à participer à la mise sur pied d’un organisme à but non lucratif voué à la promotion, à la défense et à la préservation des infrastructures historiques. »

Le conseil avait fait son deuil

Pour les membres du conseil municipal, le deuil était fait. À preuve, la démolition est passée totalement inaperçue à la dernière séance publique du conseil, lundi soir.

« Les membres du conseil se sont résignés à accepter la démolition de la Maison Dessaulles », a indiqué David Bousquet, connu pour ses solides positions en faveur des infrastructures patrimoniales. « Mon deuil était fait depuis longtemps. »À la sortie de la salle du conseil, Brigitte Sansoucy s’est dite attristée par la démolition, mais a confié au COURRIER qu’elle n’avait pas particulièrement envie de relancer l’épineux sujet sur la table.« J’en ai parlé plus que ma part. Qu’y avait-il de plus à dire ce soir? », a résumé la conseillère de Saint-Sacrement, en haussant les épaules en signe d’impuissance.Au moment de mettre sous presse, le maire Claude Bernier n’avait pas rappelé.

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