5 novembre 2020
Les vieux chums au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue
Vague d’émotions pour le cinéaste Claude Gagnon
Par: Maxime Prévost Durand

Le cinéaste maskoutain Claude Gagnon en compagnie de sa conjointe Yuri Yoshimura-Gagnon au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Photo gracieuseté

À défaut de pouvoir lancer comme prévu son dixième long-métrage Les vieux chums partout au Québec ce vendredi, le cinéaste maskoutain Claude Gagnon a tout de même pu présenter son nouveau film devant un public, dimanche, au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Une projection qui lui a fait vivre toute une vague d’émotions.

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Vu le contexte pandémique qui retarde toujours la sortie du film pour le grand public, il y avait évidemment une certaine fébrilité pour Claude Gagnon à l’idée que des gens puissent enfin découvrir sa plus récente œuvre, tournée principalement dans sa ville natale l’été dernier. Il avoue même avoir été pris d’une certaine nervosité à la veille de la projection. Mais c’est surtout la joie qui l’a habité au cours de cette journée de grande première, particulièrement à la suite de la réaction « très positive » du public, qui comptait plusieurs personnalités de l’industrie.

« C’était un feeling extraordinaire de voir le film projeté sur grand écran, devant un public [qui a fait salle comble en formule distanciation]. Quand les gens se sont levés à la fin, le cœur me débattait pas mal fort », a raconté Claude Gagnon, lorsque joint par LE COURRIER, au lendemain de cette première.

Il s’est même montré ému lors de son allocution à la salle. « Je suis devenu beaucoup plus émotif que je ne l’aurais pensé », a-t-il avoué au bout du fil.

Ces émotions sont ressurgies lorsqu’il a fait allusion à son bon ami Luc Matte, décédé il y a plusieurs années. Ce dernier avait tenu la vedette du film Visage pâle, puis avait joué dans Larose, Pierrot et la Luce, deux longs-métrages de Claude Gagnon. La relation d’amitié qu’ils avaient a d’ailleurs inspiré le film Les vieux chums, même si les personnages et l’histoire relèvent de la fiction. Ce qui a ajouté à l’émotion du moment, c’est que le président du festival en Abitibi-Témiscamingue, Jacques Matte, est le cousin de Luc.

« Luc Matte était un ami d’enfance. On se connaissait depuis l’âge de 6 ans. La dernière année de sa vie, on a passé chaque semaine ensemble. On allait prendre un verre, on allait au resto. Il était tellement serein là-dedans. Je lui disais qu’on pourrait faire un film pour montrer ça, mais il me disait que ce serait trop de stress [pour lui de jouer dedans], que ça allait le faire mourir avant le temps. Il avait ensuite pris une pause et m’avait dit : mais si tu en fais un film après que je sois parti, je pense que ce serait bien. […] C’est carrément de la fiction ce que j’ai fait, mais j’ai gardé l’émotion et la relation qu’on avait lui et moi. »

Avec public ou rien

Malgré le contexte incertain, l’organisation du festival en Abitibi-Témiscamingue est allée de l’avant avec une édition où le public était le bienvenu dans les salles, en respectant les mesures sanitaires. Comme Rouyn-Noranda est à un niveau d’alerte jaune, il a été permis de tenir le festival avec toutes les précautions nécessaires.

Bien qu’il affectionne particulièrement ce festival, où il a récolté de bons souvenirs au fil des années, Claude Gagnon tenait mordicus à ce que le film soit présenté seulement à la condition qu’il soit projeté en salle. « C’était important pour moi, je ne voulais pas tomber dans un festival virtuel. J’avais averti les gens à Rouyn que, s’ils devaient annuler les représentations avec public à la dernière minute, je retirais le film. Ils ont pris les grands moyens pour que ça ait lieu, avec toutes les précautions nécessaires, et ils ont réussi. »

Même si les rencontres avec le public ont été limitées, le cinéaste maskoutain s’est réjoui de voir comment son film semble avoir résonné chez les gens dans la salle. Maintenant, il attend avec impatience de pouvoir l’amener sur les grands écrans partout au Québec. « Il va être là, le vrai test », a-t-il souligné.

Claude Gagnon s’explique mal pourquoi les salles de cinéma ont dû fermer leurs portes, même en zone rouge, alors qu’elles n’ont jamais été des vecteurs de transmission de la COVID-19. Même que cette situation l’insurge.

« Je l’aurais accepté si ça avait été justifié, mais là, il n’y a eu aucun cas de COVID dans les salles de cinéma et on a décidé de tout fermer. Je trouve ça idiot parce que ça donne l’impression que c’est dangereux d’aller au cinéma alors que ce ne l’est pas du tout [avec toutes les mesures sanitaires appliquées]. »

Si tout va pour le mieux, il est maintenant projeté que Les vieux chums prenne l’affiche au début février au Québec. Mais Claude Gagnon n’hésitera pas à retarder la sortie une nouvelle fois si le contexte n’est pas optimal.

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