9 mai 2019
Golf
Valérie Tanguay, sur le chemin de la LPGA
Par: Maxime Prévost Durand

Valérie Tanguay a remporté son premier tournoi professionnel en Louisiane lors d’une épreuve du circuit WAPT. Photo gracieuseté

À peine un an après sa sortie des rangs universitaires américains (NCAA), Valérie Tanguay gravit déjà les échelons des rangs professionnels.

Au cours des derniers mois, la golfeuse maskoutaine a véritablement pris son envol, remportant un premier tournoi chez les pros au sein du nouveau circuit WAPT (Women’s All Pro Tour), en plus de percer le top 20 d’une épreuve du circuit Symetra, présenté comme « la route vers la LPGA ».

Ces plus récents résultats ont de quoi encourager l’athlète de 23 ans, qui rêve depuis qu’elle est toute jeune de jouer sur le circuit de la LPGA.

« Le fait que j’ai gagné un tournoi WAPT et que j’ai fait la coupure d’un tournoi du Symetra, ça me met déjà un pied dans l’engrenage », mentionne-t-elle lors d’une récente rencontre avec LE COURRIER au Club de golf de Saint-Hyacinthe, où elle s’entraîne lorsqu’elle est de passage dans la région.

À son premier tournoi sur le Symetra Tour, l’IOA Championship disputé en Californie, la Maskoutaine a terminé à égalité au 17e rang parmi plus 140 golfeuses, en plus d’être la seule parmi six Canadiennes à passer les coupures.

Seulement quelques jours plus tôt, c’est un titre de la WAPT qu’elle remportait en Louisiane, ce qui lui donnait du même coup, avec les points qu’elle avait accumulés dans ces épreuves, un laissez-passer en vue du prochain tournoi du Symetra.

« Ce tournoi que j’ai gagné, c’était la première fois que je jouais quatre rondes sous la normale. Ça m’a vraiment mise en confiance, confie-t-elle. [En ronde finale], j’avais joué un mauvais premier neuf, mais j’ai réussi à revenir de l’arrière sur le neuf de retour et à gagner en prolongation, avec un birdie en plus. C’était do or die parce que si je ne gagnais pas, je n’avais pas ma place pour le Symetra. L’enjeu était grand et le fait que j’ai réussi à le faire sous pression, ça m’a mise en confiance. »

Son entrée fracassante sur le circuit Symetra, qu’elle compare à la ligue américaine au hockey, devrait d’ailleurs lui permettre de participer davantage à ce type d’épreuve dans les mois à venir.

« Mon statut va s’améliorer et je vais pouvoir faire plus de tournois du Symetra. Et si je fais bien dans les tournois à venir, je vais être un peu plus proche de la réalité de la LPGA. Déjà, je vois que je suis capable de jouer aussi bien que les autres [golfeuses du circuit Symetra], donc ça me montre que je suis proche et que je peux y arriver. »

La transition

En sortant du circuit NCAA, où elle a défendu les couleurs de l’Université de l’Oklahoma pendant plus de trois ans tout en complétant son baccalauréat en comptabilité, Valérie Tanguay a dû traverser une période de transition pour faire le saut chez les professionnels.

Elle a d’abord tâté le terrain en participant à des tournois open, avant de tenter sa chance au sein de la série Q-school, qui donne aussi des laissez-passer pour le circuit Symetra. Puis, durant l’hiver, elle a habité pendant trois mois en Floride, dans un véhicule récréatif, afin de continuer l’entraînement et de participer à quelques tournois de la NWGA (National Women’s Golf Association).

Au cœur de cette transition, elle a dû faire face à une nouvelle réalité, passant d’un milieu très encadré à l’université à une autonomie complète. « C’est une adaptation, mais j’étais prête mentalement », affirme celle qui avait été élue golfeuse amateur de l’année au Québec en 2016.

Pour la guider dans ce milieu professionnel, tout nouveau pour elle, Valérie peut compter sur les conseils de sa bonne amie Anne-Catherine Tanguay, une joueuse à temps plein au sein de la LPGA qu’elle considère comme son mentor.

« J’essaie de suivre sa trace en faisant la mienne, dit la Maskoutaine. Elle me donne des trucs pour savoir comment y arriver. Comme elle est passée par là, elle sait comment m’orienter. »

Valérie a aussi fait appel à un nouveau préparateur mental pour l’aider dans ses performances. Rapidement, elle s’est rendu compte qu’elle avait baissé ses attentes en arrivant chez les pros, se contentant de vouloir passer les coupures. « Mais au fond, c’est le tournoi que tu veux gagner, souligne-t-elle. C’est quelque chose que j’avais un peu perdu et ça faisait en sorte que je n’avais pas de but, en plus de me mettre de la pression pour faire la coupure. Mais là, j’aborde chaque tournoi pour le gagner et je vois que ça fait une différence dans mon jeu. »

L’argent, le nerf de la guerre

Maintenant chez les professionnels, Valérie Tanguay doit assumer les nombreux coûts reliés à ses participations aux tournois, que ce soit pour le déplacement, l’hébergement ou tout autre coût associé. Au total, elle estime à plus de 30 000 $ le budget annuel relié au golf.

« J’ai déjà quelques sponsors pour m’aider, ce qui est le fun, mais je suis encore à la recherche de quelques-uns, souligne-t-elle. Je suis ouverte aux propositions, autant au niveau matériel que financier. Ce qui est bien, c’est que, maintenant, je peux afficher des logos si les entreprises le veulent, ce que je ne pouvais pas faire avant. » Avis aux intéressés!

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