28 novembre 2019
Dossier Exceldor
Vent d’inquiétude
Par: Martin Bourassa

Depuis la fin de l’été, tous les yeux des intervenants économiques et politiques de la région de Saint-Hyacinthe pointent en direction de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). C’est là que se joue l’avenir de l’usine Exceldor de Saint-Damase, elle qui doit en principe être relocalisée à Saint-Hyacinthe.

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En principe et rien de plus, car il faudra pour cela obtenir la bénédiction de la CPTAQ pour le dézonage nécessaire d’une terre agricole de 24 hectares à proximité du parc Olivier-Chalifoux. Et cette bénédiction bien incertaine se fait attendre. C’est long longtemps. Tellement qu’on me chuchote à l’oreille qu’Exceldor s’impatiente et aurait même commencé à examiner ses options. Et elles ne sont pas maskoutaines. L’une serait située dans une région voisine; l’autre dans une autre… province!

Dans les deux cas, oubliez le transfert des quelque 260 travailleurs de Saint-Damase.Et si la CPTAQ rejette la demande d’exclusion, aussi bien dire adieu à Exceldor et à ses quelque 400 M$ d’investissements et 1200 emplois promis sur 10 ans à Saint-Hyacinthe par René Proulx, président-directeur général d’Exceldor lors de son passage devant la CPTAQ en mai dernier.

Au lieu de paniquer et de partir en peur, le milieu politique doit sans attendre se préparer au pire, soit à une décision défavorable de la CPTAQ. Le gouvernement de François Legault pourrait toujours soustraire le dossier du regard de la CPTAQ comme il l’a fait cet automne avec le dossier de dézonage d’une terre agricole pour Google à Beauharnois. Mais comme il vient justement de contourner la CPTAQ, on peut douter que le gouvernement utilise la même méthode deux fois dans un délai aussi rapproché, sans miner ce qui reste de l’autorité de la CPTAQ. À défaut de se mêler du dézonage, le gouvernement du Québec doit discuter avec Exceldor et convaincre la direction de relocaliser son usine à Saint-Hyacinthe coûte que coûte, quitte à leur consentir un pont d’or.

On sait maintenant grâce à l’Union des producteurs agricoles qu’il y a un plan B potable chez nous, soit sur un terrain de 38 hectares prêt à être développé à l’extrémité du parc Théo-Phénix et du parc Les Salines. Ce terrain n’a pas la faveur d’Exceldor ni de la Ville de Saint-Hyacinthe, mais à défaut du plan A, il est certainement une solution de rechange. On comprend Exceldor d’avoir tout misé sur le terrain qu’elle convoite, mais le maire Claude Corbeil, lui, ne peut pas se permettre de tout miser sur le terrain du parc Olivier-Chalifoux. Il doit se préparer au pire lui aussi et convaincre Exceldor que l’option que représente Théo-Phénix pourrait avoir bien du bon sens si chaque partie accepte d’y mettre du sien, de l’argent et de faire certains compromis.

Tant mieux si le plan A fonctionne au final et que la CPTAQ collabore, mais la Ville de Saint-Hyacinthe et le gouvernement du Québec ne peuvent se permettre d’échapper le dossier Exceldor. L’échec n’est pas une option.

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