6 juin 2019
Sainte-Madeleine et Sainte-Marie-Madeleine
Vers un mariage forcé?
Par: Martin Bourassa

Non. C’est ce que la majorité des citoyens de la paroisse de Sainte-Marie-Madeleine qui ont pris le temps de se déplacer dimanche dernier pour participer au référendum sur un possible regroupement avec le village ont répondu. Soixante et un pour cent des quelque 1008 citoyens qui ont participé à cet exercice ont rejeté l’idée.

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Considérant le nombre d’électeurs inscrits (2179), le taux de participation n’a même pas atteint 50 %. Ce n’est pas tellement élevé vu l’importance de l’enjeu qui divise les gens du village et de la paroisse depuis des années. Les partisans du Oui à la paroisse ont peut-être basculé dans le camp des indifférents, de guerre lasse.

Parlant de division, le village et la paroisse le sont encore davantage après le référendum puisque les citoyens du village étaient bien disposés à accueillir ceux de la paroisse sous une seule et unique administration, malgré les avantages limités pour le village si on se réfère à l’étude réalisée sur le projet de regroupement.

Au village, le Oui s’est imposé à la grosse majorité (91 %) des quelque 653 personnes qui se sont prononcées, sur une possibilité de 1751. Encore là, le taux de participation au village n’a rien cassé. On retiendra cependant que, dans les deux municipalités mises ensemble, plus de gens se sont prononcés en faveur de la fusion que contre.

Mais le Non du village pourrait techniquement mettre un frein au regroupement, même si du côté politique, on laisse entendre que le référendum était plus consultatif que décisif. Rien n’empêche en principe les conseils municipaux de poursuivre leurs discussions sur le regroupement, d’autant plus que les deux maires étaient tous les deux favorables au projet. Mais imaginez un peu le climat et le cirque lors des assemblées à la paroisse si le conseil en place décidait de poursuivre sur la voie de la fusion. La question se pose pourtant, même si j’ai écrit la semaine dernière qu’il faudrait respecter le résultat du référendum et apprendre à vivre avec : le statu quo est-il possible et viable à long terme? Si je devine la réponse positive de plusieurs dans la paroisse, j’aimerais entendre la réponse des dirigeants du village.

Dans quelle mesure le partage de services et d’équipements peut-il se poursuivre et même s’accentuer entre les deux municipalités, je ne peux le dire. Tout comme j’ignore la possibilité de croissance à long terme d’un village ceinturé par sa paroisse.

Je sais par contre que, lorsqu’une personne que l’on convoite repousse toutes nos avances, on est souvent moins enclin à faire des concessions quand elle sollicite notre aide. Il y aura sans doute des conséquences politiques à assumer de part et d’autre.

À moins que Québec impose une fusion forcée considérant que l’étude mentionne qu’elle serait avantageuse pour les deux municipalités. Un mariage forcé, pourquoi pas? Ce ne serait pas le premier dans le monde municipal.

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