10 août 2017
Vieillir en beauté
Par: Marc Bouchard
Photo Marc Bouchard

Photo Marc Bouchard

publicité

Premier détail : le T/A provient directement des années 70 alors qu’une version du même nom avait été créée pour supporter une série de course. Et on vous le donne en mille, le T/A vient tout simplement de Trans America ou Trans Am.
Deuxième détail : l’édition 2017 du Dodge Challenger T/A 392 reprend certains des éléments de la version originale. Les plus évidents de ces éléments sont de larges appliques mates sur les côtés et sur le capot (dans notre version, on l’avait aussi prolongé sur le toit et le coffre arrière). Cela reprend exactement la configuration des années 1970 même si, dans notre cas, il fallait observer attentivement puisque la carrosserie de base était aussi noire. Le ton sur ton était donc plus difficile à percevoir.
Un muscle car d’origine
Depuis longtemps, je considère que le Dodge Challenger est le muscle car moderne ayant le mieux respecté son héritage dans ce domaine. Le résultat, c’est donc un véhicule à la personnalité spectaculaire et à la conduite différente, mais pour lequel les notions de discrétion et de subtilité ne font pas partie du groupe d’option.
Ce qui est encore plus vrai de la version T/A 392 comme notre modèle d’essai, auquel on a notamment greffé une entrée d’air sur le capot de bonne dimension, et pour lequel on a notamment installé sur le bout du capot les attaches manuelles originales.
De plus, les plus fins auront peut-être remarqué la présence des phares « Air Catcher » empruntés à la Challenger Hellcat. Les jantes de 20 pouces réalisées en aluminium forgé sont de série, tandis que l’échappement de performance fait aussi partie de l’équipement de cette T/A.
En d’autres mots, non seulement le Dodge Challenger a-t-il conservé son allure originale, mais on vient cette fois lui greffer quelques détails qui en augmentent le look.
Puissance au rendez-vous
La version T/A, qui est de retour en 2017, propose deux déclinaisons : celle avec le V8 Hemi plus régulier et celle, comme notre voiture d’essai, appelée SRT 392 mettant à profit un gigantesque moteur V8 6,4 litres. Oubliez ici tout ce qui peut rester de subtilité et de délicatesse; il suffit de démarrer le moteur pour entendre le ronronnement d’un félin en cage. Et il suffit d’une bien légère pression sur l’accélérateur pour le faire rugir, au point où on l’entend venir de plusieurs centaines de mètres de distance.
Sous le capot se cache quelque 485 chevaux et 475 livres-pied de couple, une puissance transmise aux roues arrière par une boite de vitesse manuelle 6 rapports à l’étonnante sensation (une boîte automatique 8 rapports est aussi de mise pour ceux qui le désirent). Quand je parle d’étonnante sensation, c’est que le levier de vitesse donne l’impression d’avoir une course imposante et longue, alors qu’elle est en fait beaucoup plus précise qu’on aurait pu s’y attendre.
Les suspensions de performance, ajoutées à la version T/A permettent aussi le maintien sur la route du véhicule, malgré ses extravagances et ses dimensions imposantes.
Car il faut bien l’avouer, le Dodge Challenger, dans toutes ses déclinaisons, a quelque chose d’intimidant. Gros, large, puissant, on a la sensation de revenir quelques décennies en arrière quand on s’assoit au volant (même si l’habitacle est moderne et bien réussi et profite de l’efficace système multimédia UConnect).
Il faut quelques secondes, voire quelques minutes, pour apprivoiser la sensation de puissance qui se dégage de la voiture. Une fois prise en main cependant, elle affiche un comportement brutal, mais prévisible et fournit des sensations de conduite uniques. Et ô bonheur, la version T/A dispose aussi de freins de performance Brembo, capables de bien ralentir les ardeurs des conducteurs trop enthousiastes.
J’aime le Dodge Challenger, parce qu’il est la preuve que l’âme des Muscle car n’est pas morte. Mais je veux bien admettre qu’il est parfois un peu excessif, même si ce sont ces excès qui le rendent aussi attirant.

image