13 décembre 2018
Urbanisme au centre-ville
Vision imposée
Par: Martin Bourassa

On peut questionner le fond et la forme quand il est question des actions imposées par la Ville de Saint-Hyacinthe quand il est question de revitaliser le centre-ville de Saint-Hyacinthe. Le choix du terme « imposées » n’est pas anodin. C’est de cela qu’il s’agit, c’est-à-dire l’imposition d’une vision. La Ville ne propose rien, elle impose. Nuance.

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Sur le fond, peut-être que la Ville de Saint-Hyacinthe a raison. Peut-être que la meilleure façon de relancer le centre-ville et d’assurer sa pérennité commerciale est de permettre la construction d’immeubles de huit étages le long de la rivière. Peut-être que la solution à tous les maux du centre-ville est de dérouler le tapis rouge devant les promoteurs, d’acheter des immeubles vétustes, de les démolir, d’aménager des places de stationnement, d’enlever les horodateurs, d’aménager une place de spectacles de 4 ou 5 M$ et de revamper la promenade Gérard-Côté pour 30 M$ avec subventions.

Sur le fond, peut-être que les gens les mieux placés pour décider de quoi doit avoir l’air le cœur et l’âme de Saint-Hyacinthe sont un maire et des conseillers démocratiquement élus et appuyés par une direction générale visionnaire. Peut-être. Mais peut-être pas.

Sur la forme de ce qui se prépare et s’annonce à l’hôtel de ville avec la modification du plan d’urbanisme et l’adoption d’un règlement de concordance qui scellera en quelque sorte le visage du centre-ville de demain, permettez que j’exprime des réserves. Cette opération est tout, sauf l’expression d’une volonté réfléchie et démocratique.

Une fois de plus, le conseil municipal a trouvé le moyen d’imposer sa volonté, sans se donner la peine de mettre les citoyens dans le coup. Mieux encore, il a trouvé la recette magique pour porter la hauteur permise de certains immeubles à huit étages, voire neuf avec l’ajout d’une terrasse, sans ouvrir la porte à une démarche référendaire qui aurait pour effet de faire sanctionner ses choix par les citoyens. Curieux qu’il n’ait pas utilisé cette même recette bien avant si elle est si géniale.

La Ville de Saint-Hyacinthe a donc appris de ses erreurs avec le promoteur Réseau Sélection et sa tour de 15 étages qu’il souhaitait construire près du Centre des arts. Elle a trouvé une façon d’éviter un possible blocage citoyen et l’astuce pour flouer la démocratie. Et cela provient d’une administration municipale qui promettait de relancer la table de concertation Chantier Centre-Ville, mais qui décide d’avance du cadre à imposer. Ces grandes manœuvres sont aussi endossées par des élus qui se sont fait élire en novembre 2017 en promettant d’être à l’écoute des citoyens. Certains en faisant même du millage contre le projet immobilier au centre-ville.

En enterrant la tour de Réseau Sélection au stationnement Plaza après l’élection, le maire disait avoir bien entendu les citoyens. De toute évidence, Claude Corbeil les a entendus, mais il ne les a pas écoutés, car un promoteur aux poches pleines attend sans doute en coulisses avec son projet de huit étages.

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