7 mai 2015
Carte postale de la famille Brodeur-Morin
Visite à six dans l’Hexagone
Par: Jennifer Blanchette | Initiative de journalisme local | Le Courrier
Mélanie Brodeur, son conjoint Francis Morin et leurs fils Alexis, Jean-Philippe, Olivier et Guillaume durant leur périple de trois semaines en France.  Photo courtoisie

Mélanie Brodeur, son conjoint Francis Morin et leurs fils Alexis, Jean-Philippe, Olivier et Guillaume durant leur périple de trois semaines en France. Photo courtoisie

Planifier un circuit autodidacte de trois semaines en France avec quatre jeunes enfants, du délire? Absolument pas, ­diront Mélanie Brodeur et Francis ­Morin, un couple maskoutain qui s’est lancé dans l’aventure afin de démontrer à ses fils que les voyages, ce ne sont pas que des journées passées sur les plages des sites tout-inclus.

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C’est ainsi que Guillaume, Alexis, Olivier et Jean-Philippe, âgés de 4 à 11 ans à l’époque, se sont envolés pour l’Hexagone avec leurs parents en juillet 2013.

« Nous étions allés à Cuba avec les enfants et pour eux, les voyages se résumaient aux tout-inclus. Pourtant, la vie, ce n’est pas juste de claquer des doigts pour obtenir ce que nous voulons! », ­relate Mélanie, qui détient une formation en tourisme.

Ambitieuse, elle visait le Maroc comme première destination pour un long ­séjour, mais son mari a vite ramené ses ardeurs à un niveau moindre. « Heureusement! », s’exclame-t-elle avec le recul, car la France, avec ses odeurs, sa ­gastronomie et son lot de transports en commun étaient déjà un gros changement pour les enfants.

Durant 18 jours, la famille Brodeur-­Morin s’est déplacée principalement dans le sud de la France, explorant tantôt les flancs des Pyrénées, tantôt les plages près de Perpignan, dans la petite municipalité de Sainte-Marie-la-Mer, tout en n’oubliant pas d’aller saluer le cousin de Mélanie, en banlieue de Paris.

« Avec les enfants, ça prenait un bon équilibre entre les activités culturelles, la mer et la randonnée. Nous avions une banque d’activités pour chacune des ­régions, avec un plan A, B et C, mais au ­final, nous n’avons pas tout fait, car il ne faut pas oublier que nous étions en ­vacances », se souvient la maman.

Son conjoint Francis renchérit : « la clé, c’est la flexibilité. Il faut une bonne planification au niveau des hébergements, surtout avec quatre enfants dont un ­handicapé et un en très bas âge, mais après ça, c’est important de les laisser guider un peu, qu’ils prennent le beat du voyage ».

Et le budget dans tout cela? Le papa ­affirme que pour six personnes, ils ont dû débourser 6 500 $ pour les trois semaines, transport, nourriture et hébergement compris. « Nous avons fait des choix, comme celui de ne pas faire un voyage gastronomique, par exemple. Nous avons mangé beaucoup de sandwichs! »

Le succès financier du voyage revient toutefois à Mélanie, qui en parcourant quotidiennement des sites à rabais tels que ­Yulair, a mis la main sur des billets d’avion à destination de Paris pour plus ou moins 350 $ chacun, au départ de New York.

Comme les Français

Histoire de poser un peu ses valises et de s’extirper de la petite voiture qu’elle avait louée, la famille maskoutaine avait ­réservé sept nuitées dans une maison mobile à Sainte-Marie-la-Mer.

Si cette portion du séjour a été la plus oisive, elle a sans équivoque été la ­préférée des enfants qui en ont profité pour se faire une pléthore d’amis Français. Il suffit de voir Alexis relancer son imitation de l’accent d’outre-mer ou Olivier se remémorer avec entrain les soirées passées à la discothèque pour jeunes.

« Il y a eu énormément de contacts ­humains durant notre voyage. Ce sont des choses que nous n’aurions pas pu leur montrer autrement et qu’aucun ­musée n’aurait pu leur enseigner. Ça leur a donné le goût de découvrir d’autres cultures », souligne Mélanie.

La virée à Paris fut également ­mémorable pour la famille Brodeur-­Morin, qui a enchaîné la tournée des grandes attractions de la Ville Lumière : Tour Eiffel, Champs Élysées, Forêt de ­Sénart, Arc de triomphe et Cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

Francis, qui a l’habitude de voyager à l’étranger pour son travail, livre au ­passage un petit truc pour déjouer les files d’attente à la Cathédrale, ce qui est bien pratique avec des enfants. « Ce que les touristes ne savent pas, c’est qu’on peut entrer rapidement dans la ­Cathédrale en assistant à la messe. Il y a une porte prévue pour cela, alors on fait une pierre deux coups. »

Coup de chance ou résultat d’une bonne organisation, aucun pépin n’est venu assombrir le périple des Brodeur-Morin. Oui, il y a eu la fois où Guillaume a presque été porté disparu ou encore le moteur de la voiture qui a surchauffé en route pour New York, mais comme le disent si bien Mélanie et Francis, « ce qu’on retient, ce sont les beaux moments de ressourcement en famille ».

Les liens familiaux pourraient ­d’ailleurs être appelés à se renouer davantage sous peu en Afrique ou peut-être au Maroc, pour le plus grand plaisir de Mélanie.

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