11 avril 2019
Voyager sur les airs de Jesse Cook
Par: Maxime Prévost Durand

Jesse Cook s’arrêtera à la salle Desjardins du Centre des arts Juliette-Lassonde le mercredi 17 avril dans le cadre de la tournée pour son plus récent album, Beyond Borders. Photo gracieuseté

Depuis le début de sa carrière, il y a près de 25 ans, Jesse Cook fait voyager son auditoire. D’une part parce qu’il voyage beaucoup lui-même, d’une autre parce que sa musique en est souvent teintée. Fort de son plus récent album, Beyond Borders, le prolifique guitariste souhaite maintenant amener les spectateurs au-delà des frontières avec le spectacle qu’il présentera le mercredi 17 avril au Centre des arts Juliette-Lassonde.

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« J’espère que les gens auront l’impression d’avoir fait un tour du monde. Je leur suggère d’apporter leur passeport parce qu’on va les faire voyager », lance Jesse Cook, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER, qu’il a tenu à faire en français, même s’il parle principalement en anglais.

« Toute ma famille est bilingue. Moi, je suis l’idiot de la famille », dit-il en faisant allusion au fait qu’il est né en France et qu’il ne pratique pas beaucoup la langue de Molière. À sa défense, sa famille a déménagé à Toronto alors qu’il n’avait que 4 ans. « J’ai tout perdu mon français. » [NDLR, il n’en laisse rien paraître en entrevue, outre l’accent anglophone qui le suit]

Mais revenons à la musique. Se promenant entre le flamenco, le jazz et la musique du monde, Jesse Cook a acquis au fil des années une renommée qui fait l’envie. Surtout qu’en plus de composer toute sa musique, le musicien a signé tous les arrangements sur Beyond Borders, il a joué les ingénieurs et les mixeurs, en plus d’être le producteur de l’album. S’il a porté tous ces chapeaux, c’est qu’il avait une vision claire de ce qu’il recherchait et un message à transmettre.

« Il y a deux côtés au titre Beyond Borders. Le premier, c’est le côté musical. Je trouve que la musique est un langage universel et je suis convaincu que c’est vrai. J’étais à Pékin à un moment et on m’a demandé de jouer avec un groupe. On ne pouvait pas échanger parce qu’eux ne parlaient pas anglais et, moi, je ne parlais pas leur langue. On a pris nos instruments et on s’est simplement mis à jouer, donne-t-il en exemple. Puis, il y a le côté où nous habitons dans un monde divisé, surtout avec Trump et son mur », ajoute-t-il, en spécifiant qu’il n’est pas quelqu’un qui souhaite parler de politique, mais plutôt d’ouverture sur le monde.

Cet album lui a d’ailleurs permis encore une fois de voyager à travers le monde, que ce soit en sillonnant de nombreuses villes américaines ou en parcourant une bonne partie du continent européen. Il est même allé en Chine et au Festival de jazz de l’Arabie Saoudite, avant de revenir au Canada pour une autre série de spectacles. Celle qu’il a lancée au Québec cette semaine, et qui l’amènera à Saint-Hyacinthe dans quelques jours, sera la dernière série de sa tournée.

Sur la scène, Jesse Cook se retrouve en compagnie de quatre musiciens. Si la guitare flamenco ne quitte jamais ses mains durant le spectacle, les instruments qui l’accompagnent varient beaucoup. Il y a la basse et les percussions, mais aussi du violon, de l’accordéon, puis d’autres moins connus comme le duduk arménien (un instrument vieux de 3000 ans) et la gaita colombienne (instrument à vent). En les réunissant tous, il n’a plus qu’un objectif : faire voyager les gens là où ils n’ont jamais été.

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