14 décembre 2017
VW e-golf, ou l’électrique comme une voiture ordinaire
Par: Marc Bouchard
Photos VW Canada

Photos VW Canada

Fiche technique

Fiche technique

Je le sens déjà, les yeux de mes amis électromobilistes sont rivés sur moi, eux qui pensent que je déteste cordialement les voitures électriques. Et pourtant, j’y suis fortement favorable, dans la mesure où elle n’exige pas de simagrées pour être utilisées. Et dans la mesure où elles n’ont pas l’air, et ne se conduisent pas, comme une soucoupe volante.

C’est sans doute le commentaire que j’ai entendu le plus souvent alors que j’étais au volant de la Volkswagen e-Golf, la petite voiture 100 % électrique du constructeur allemand parce que, outre sa couleur verte qui était loin de plaire à tous (sous certains angles, elle était plutôt bleutée en fait), rien dans cette voiture à part quelques signes ne laissait voir qu’il s’agissait d’une auto électrique.
Mieux encore, en prenant le volant, personne n’a l’impression de devoir revoir complètement les notions acquises et tenter de trouver une façon de manipuler les contrôles complexes. Ici, on s’assoit dans une Golf, qui nous propose des affichages différents il est vrai, mais rien de plus.
Même la conduite est similaire. La petite voiture est nerveuse (comme le sont toutes les voitures électriques), a une direction totalement transparente et un freinage sans compromis. Bien sûr, parce qu’il s’agit d’une voiture électrique, le freinage permet aussi de régénérer la batterie selon trois modes présélectionnés, de plus en plus agressifs, mais jamais trop intrusifs.
Quant à la voiture elle-même, vous connaissez la VW Golf? Elle se conduit bien, offre un bon espace pour les passagers et ne force aucunement les compromis en matière de chargement. Sincèrement, la e-Golf n’a rien d’un extraterrestre et pourrait fort bien passer pour une voiture ordinaire, sans émissions polluantes tout simplement.
Porte malheur
Mais c’était sans compter sans ma malchance légendaire. C’est à croire que les dieux de l’électricité me détestent…
Réglons la chose tout de suite : la motorisation de la e-Golf est simple : un moteur électrique de 134 chevaux, une transmission à rapport fixe qui se comporte avec l’aisance d’une véritable boîte et une batterie lithium-ion de 35,5 kWh dont la durée de recharge est fixée sur une borne de niveau 2 de 240 volts. Tout cela pour une autonomie estimée de 201 kilomètres, ce qui s’est avéré être très près de la réalité, voire un peu pessimiste, face aux résultats obtenus.
Ceux qui me suivent régulièrement savent que je ne possède pas à la maison de borne de niveau 2. J’ai donc dû me contenter du 120 volts et des 26 heures nécessaires pour faire le plein. Plein qui, par ailleurs, ne s’est jamais concrétisé puisque la voiture n’a jamais excédé les 180 kilomètres d’autonomie affichée malgré les 48 heures consécutives de branchement. Mais bon, je le répète, je n’ai pas de borne et je suis habitué à ce genre de situation.
Là où j’ai eu plus de difficultés cependant, c’est lorsque je me suis rendu dans un hôtel de la Rive-Sud. Tout heureux, je constate qu’à deux pas de la porte se retrouvent des bornes de recharge. Je m’y stationne, branche ma voiture, valide que tout fonctionne et entre faire mon enregistrement et passer une petite soirée tranquille.
Au petit matin cependant, au moment où j’ai repris le volant, force est de constater que la recharge n’a augmenté mon autonomie que de 3 kilomètres. Petite question au préposé à la maintenance qui me confirme que la borne a un petit problème et qu’il devait la réparer la même journée. Ma chance légendaire je vous dis…
Heureusement, il me restait bien assez d’autonomie pour me rendre à la maison et avec une conduite sans compromis (lire ici à vitesse d’autoroute, sans trop lambiner). J’étais cependant heureux de n’être qu’à quelques dizaines de kilomètres de chez moi, sinon il m’aurait fallu un arrêt supplémentaire de quelques heures dans une borne de niveau 2 pour être en mesure de reprendre la route.
Et voilà le seul défaut de cette voiture, défaut qu’elle partage avec la majorité des voitures électriques. J’ai aimé ma semaine au volant de la e-Golf. J’ai apprécié sa conduite et son dynamisme. Mais comme chaque fois, j’ai eu une petite émotion désagréable en me rendant compte des contraintes de ce genre de voiture.
Je demeure en ville. Ma femme travaille à quelques dizaines de kilomètres de la maison. Chaque fois que j’ai une voiture que je crois susceptible de l’attirer vers les voitures électriques, elle qui est profondément anxieuse face à l’autonomie, il m’arrive quelque chose comme cela.
J’ai encore du chemin à faire pour la convaincre.

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