9 avril 2015
Yop devient maskoutain
Par: Jean-Luc Lorry
Yop devient maskoutain

Yop devient maskoutain

Guère loquace, le directeur général de Liberté, Ben Pearman, se dit pourtant fier que le ­yogourt à boire Yop soit désormais fabriqué à son usine de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Guère loquace, le directeur général de Liberté, Ben Pearman, se dit pourtant fier que le ­yogourt à boire Yop soit désormais fabriqué à son usine de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Depuis son acquisition par Yoplait en décembre 2010, l’usine Liberté du boulevard Choquette a connu un essor considérable.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Depuis son acquisition par Yoplait en décembre 2010, l’usine Liberté du boulevard Choquette a connu un essor considérable. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’usine Liberté de Saint-Hyacinthe a pris du poids depuis la fin janvier avec la mise en production du yogourt à boire Yop.

Ce produit de la multinationale ­franco-américaine Yoplait, propriétaire de la marque Liberté depuis la fin de ­l’année 2010, était précédemment ­fabriqué à l’usine Aliments Ultima de Granby.

Dans la même veine, le yogourt Source Grec, un autre produit fabriqué par ­Yoplait, est devenu lui aussi un produit maskoutain puisqu’il est dorénavant ­fabriqué à l’usine Liberté du boulevard Choquette.

Le transfert de production du yogourt à boire Yop découle des tractations ­entourant le renouvellement des ­ententes de sous-traitance en vigueur ­depuis 1972 entre Yoplait et Ultima, une société appartenant aux coopératives Agropur et Agrifoods.

En 2012, le renouvellement du plus ­récent contrat d’une durée de six ans entre les deux partenaires avait ouvert la porte au transfert éventuel de produits innovants de marque Yoplait à l’usine de Saint-Hyaicnthe. Pour respecter les termes de l’entente qui prendra fin ­officiellement en 2018, Yoplait a donc amorcé le repli stratégique de l’ensemble de la gamme des produits Yoplait (Crémeux, Source, Minigo, Tubes, Yoptimal) de Granby à Saint-Hyacinthe. La ­venue du Yop, qui profite au passage d’une seconde jeunesse avec de ­nouvelles recettes, une étiquette redessinée et une bouteille maintenant refermable, ­marquerait donc le début de toute cette opération.

Mais dès que l’on aborde un possible rapatriement de tous les produits Yoplait à l’usine Liberté, dont l’agrandissement majeur représente au minimum 40 M$ d’investissements, l’actuel directeur général de Liberté, Ben Pearman, joue pourtant la carte de la discrétion absolue. Le sujet est visiblement sensible.

En poste depuis août 2013, M. Pearman, qui travaille pour le compte de ­General Mills depuis 2010, préfère parler des produits Liberté. Au fil des années, ceux-ci se sont taillé une place enviable sur le marché grâce à la popularité du ­yogourt grec.

« Nous sommes très fiers de l’ADN de la marque Liberté. Notre part de marché dans le secteur du yogourt est ­aujourd’hui de 13 % », indique Ben Pearman.

Au total, 180 produits différents (contenants et recettes) sont référencés chez Liberté.

Mise à pied

L’abandon de la production du Yop à l’usine Ultima de Granby en février ­dernier a eu pour conséquence la mise à pied de 15 employés à qui l’on a proposé d’intégrer la liste de rappel des Aliments Ultima.

En parallèle, l’arrivée du Yop à ­Saint-Hyacinthe s’est faite sans tambour ni trompette chez nous. La taille de la production qui s’ajoute à l’usine ­maskoutaine demeure confidentielle. Impossible de savoir si des emplois ­seront créés.

L’usine Liberté compte 180 employés répartis sur huit lignes de production.

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