19 octobre 2017
Chevrolet Camaro 2,0T 
Bien assez
Par: Marc Bouchard
Photo Marc Bouchard et GM Canada

Photo Marc Bouchard et GM Canada

Je suis d’un âge, malheureusement, ou le nom de la Chevrolet Camaro sonnait davantage « gros V8 » que petite voiture économique. D’une époque (j’étais jeune quand même…) ou un muscle car de cette nature devait absolument ronronner de puissance et laisser la moitié de la gomme de ses pneus sur la chaussée à chaque démarrage.

Mais, pour plusieurs, et pour moi aussi, cette époque est révolue. Fini le temps ou pour évaluer la qualité d’une Camaro, on se contentait de regarder sous le capot. Aujourd’hui, on choisit la voiture pour sa finesse et son raffinement plutôt qu’uniquement pour sa puissance.
Je dois l’avouer, je n’étais pas le plus grand fan de la Camaro nouvelle génération (faisant ici référence aux Camaros modernes contrairement à celles des années 60 qui m’ont toujours fait rêver). J’ai toujours trouvé que la silhouette l’associait trop aux Transformers – oui Hollywood m’influence – mais c’est davantage la position de conduite et la qualité de finition du véhicule qui m’agaçaient au plus haut point.
Puis, Chevrolet a revu sa voiture il y a quelques années, l’améliorant depuis d’année en année. Aujourd’hui, l’habitacle de la Camaro est solide et bien pensé, les commandes plus ergonomiques que jamais, et j’aime par-dessus tout les buses de ventilation qui, en plus de diriger les jets d’air, sont aussi les molettes pour régler la température. Joli coup d’œil!
J’aime moins l’écran d’affichage qui surmonte la planche de bord, mais on dirait bien que je suis le seul puisque la tendance se multiplie chez la plupart des conducteurs. En d’autres termes, j’ai beau ne pas aimer, il semble que sa position le rende plus facile à consulter et élimine une partie de la perte de temps ou le conducteur quitte la route des yeux. Je ferai donc contre mauvaise fortune bon cœur et me dirai que c’est pour le mieux!
Je dois cependant encore m’insurger contre la position de conduite. En fait, c’est que la ceinture de caisse de la Chevrolet Camaro est tellement haute qu’elle nuit à la visibilité extérieure, dans toutes les directions. Assis dans le banc du conducteur, j’ai la sensation d’être enfoncé dans mon siège, et j’ai peine à voir les véhicules trois quart arrière. Si je remonte le siège, même moi, du haut de mon minuscule 1 m 73, je me sens trop rapproché du plafond pour être confortable.
Notons que les places arrière sont spacieuses, mais demandent un esprit de contorsionniste qui ne me sied pas du tout, et que l’espace de chargement est caverneux, rien de moins. En revanche, son seuil d’accès est tellement élevé et particulièrement étroit, ce qui empêche de profiter de tout l’espace disponible!
Je ne peux non plus m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur en regardant le système multimédia. Ne cherchez pas de GPS embarqué, optez plutôt pour le branchement de votre téléphone intelligent ou, à défaut, pour un abonnement au service OnStar et WiFi à bord. Oui, c’est agréable. La question demeure cependant toujours la même à quel prix!
Pour le mieux
La Chevrolet Camaro n’a cependant pas que des défauts, bien au contraire. La déclinaison à l’essai proposait un moteur 4 cylindres turbocompressé de 275 chevaux, jumelé à une boite automatique 8 vitesses. Une combinaison plus explosive que ce à quoi je m’attendais, surtout en tenant compte du poids relatif de la voiture.
Les reprises sont aussi nerveuses que les départs et le tout se fait avec une aisance notable. Mieux encore, il faut avouer que la Chevrolet Camaro a un comportement plus solide que jamais. Elle se dirige avec une grande précision, la direction fournissant toute l’information nécessaire et le châssis donnant des réactions prévisibles, même dans les virages les plus enthousiastes.
Un autre bon mot pour le freinage, qui s’est avéré plus puissant que prévu, et qui contribue à favoriser une conduite inspirée.
Je l’avoue, cet essai m’a permis de me réconcilier avec la Chevrolet Camaro. Oubliez la sonorité du gros V8 ronronnant, et sa consommation de carburant tonitruante, la Camaro de nouvelle mouture fournit toutes ces sensations, en plus d’afficher une consommation de carburant qui n’excède pas les 9,5 litres aux 100 kilomètres en mode combiné!
Je l’avoue, j’avais un préjugé défavorable. Mais avec sa motorisation 2,0 litres turbo, la Chevrolet Camaro est probablement la meilleure définition d’un muscle car moderne et abordable!

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