17 novembre 2016
Avenir des relations commerciales aux États-Unis de Donald Trump
Des entreprises d’ici réagissent
Par: Jean-Luc Lorry
David Gaucher, vice-président et directeur général de Bio Biscuit à Saint-Hyacinthe.

David Gaucher, vice-président et directeur général de Bio Biscuit à Saint-Hyacinthe.

Sylvain Garneau, président et chef de la direction du groupe Lacasse de Saint-Pie.

Sylvain Garneau, président et chef de la direction du groupe Lacasse de Saint-Pie.

L’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison-Blanche ne laisse pas indifférents plusieurs dirigeants d’entreprises de la région qui se sont entretenus avec LE COURRIER sur l’avenir des relations commerciales avec les États-Unis.

« Je pense que le Canada est loin sur la liste des pays qui pénalisent le marché américain comme peuvent l’être la Chine, le Mexique ou l’Europe, considère Sylvain Garneau, président et chef de la direction du Groupe Lacasse de Saint-Pie. Les économies canadiennes et américaines sont très intégrées et complémentaires. Il y a autant d’importations que d’exportations entre les deux pays. »

Les États-Unis sont un partenaire de premier ordre pour ce fabricant de mobilier de bureau puisque près de 75 % de ses ventes se font de l’autre côté de la frontière.

« Le Canada et les États-Unis représentent la plus grande zone commerciale au monde avec des échanges qui atteignent 800 milliards de dollars par année », précise Sylvain Garneau.

Celui-ci nous a mentionné que durant la campagne électorale américaine et après le résultat du scrutin, plusieurs employés du Groupe Lacasse se sont questionnés sur les impacts possibles sur l’entreprise.

« Je crois que le plus grand risque à court terme est qu’un sentiment de protectionnisme s’installe et se généralise. Il est donc important que les gouvernements canadien et mexicain s’assoient rapidement avec la future administration américaine », estime celui qui a accédé en mai dernier à la présidence du conseil d’administration de la Business and Institutional Furniture Manufacturers Association (BIFMA), un organisme sans but lucratif regroupant les manufacturiers nord-américains de mobilier commercial et institutionnel. Il est le tout premier Canadien à occuper une telle fonction au sein de la prestigieuse association nord-américaine. 

À Saint-Hyacinthe, des travailleurs de l’usine Barry Callebaut ont eux aussi manifesté leur préoccupation auprès de l’employeur à la suite de l’élection du magnat de l’immobilier.

« Chez Barry Callebaut, il n’y a pas de changement prévu en réponse aux élections américaines. Nous demeurons optimistes. Nous prévoyons que nos opérations poursuivront leur lancée », indique la direction de l’entreprise.

Le chocolat produit à l’usine Barry Callebaut de Saint-Hyacinthe est exporté aux États-Unis dans une proportion de 85 %. La différence est écoulée au Canada.

Barrières protectionnistes

Des barrières protectionnistes semblent déjà bien installées chez l’oncle Sam dans l’industrie des aliments pour animaux de compagnie.

La direction de Bio Biscuit constate une augmentation de nourritures pour chiens et pour chats portant la mention « made in USA ». « Au-delà des ententes de libre-échange, le protectionnisme américain est bien en place depuis un an dans notre secteur d’activité », constate David Gaucher, vice-président et directeur général de Bio Biscuit.

Cette entreprise spécialisée dans la fabrication et la distribution de biscuits et de nourriture pour chien et chat réalise entre 35 à 40 % de ses ventes du côté américain.

« Ce marché est très important pour nous. Malheureusement, nous perdons des contrats, car nous ne fabriquons pas sur le sol américain », souligne M. Gaucher.

Chez Olymel, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump ne devrait pas provoquer de turbulences majeures dans le secteur de la transformation de viande de porc.

« Dépendamment de ce qui se décidera de l’autre côté de la frontière, cela ne veut pas dire qu’il y aura des impacts positifs ounégatifs. Nous allons continuer de travailler fort pour servir tous nos marchés », indique Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel

Selon Statistique Canada, 49 % des exportations québécoises de porc étaient destinées aux États-Unis en 2015. 

« Nous avons un plan de développement que nous suivons. Nous espérons que les marchés vont rester ouverts puisque les États-Unis demeurent l’un de nos plus gros clients », mentionne M. Vigneault. 

Au fil des années, Ben-Mor est devenu l’un des principaux fournisseurs de câbles recouverts, de chaines et de cordes à linge en Amérique du Nord. L’entreprise maskoutaine exporte 40 % de sa production aux États-Unis. 

« Pour nous cela ne change rien (l’élection de Donald Trump) et je ne vois pas de raison que cela change. Nos affaires vont continuer avec les Américains », indique Richard Plante, vice-président ventes et marketing de Ben-Mor.

« Souvenez-vous que les deux dernières années, il y a eu une fluctuation importante du dollar américain et c’était le même président. Le taux de change est davantage un élément auquel nous devons tenir compte dans notre stratégie », poursuit-il.

En plus de son siège social à Saint-Hyacinthe, le groupe Ben-Mor possède une usine au New Hampshire, une autre en Ontario, ainsi que deux centres de distribution situés à Boucherville et à Calgary.

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