15 novembre 2018
Donald Côté : un modèle pour la protection des milieux naturels en terre agricole
Par: Le Courrier
Donald Côté. Photo  Mélanie Landry | MRC ©

Donald Côté. Photo Mélanie Landry | MRC ©

Donald Côté, producteur agricole, et Mélanie Landry, photographe. Photo Mélanie Landry

Donald Côté, producteur agricole, et Mélanie Landry, photographe. Photo Mélanie Landry

Ce producteur a conservé des superficies boisées, ce qui lui permet de bénéficier, entre autres, des services de régulation de l’eau, de purification de l’air et d’approvisionnement. Ce milieu devient un refuge essentiel pour la faune. Photo Mélanie Landry | MRC ©

Ce producteur a conservé des superficies boisées, ce qui lui permet de bénéficier, entre autres, des services de régulation de l’eau, de purification de l’air et d’approvisionnement. Ce milieu devient un refuge essentiel pour la faune. Photo Mélanie Landry | MRC ©

Plusieurs initiatives de protection des milieux naturels sont développées par les producteurs eux-mêmes, sur le territoire de la Montérégie. La ferme de Donald Côté, agronome à la retraite et conseiller municipal, est un de ces exemples inspirants.

M. Côté et son épouse Lynda sont propriétaires d’un domaine agricole de 100 hectares comprenant des champs de grandes cultures ainsi qu’une érablière de 4 200 entailles. À la suite d’une caractérisation de ses terres par Nature-Action Québec et Canards Illimités, il a accepté que 15 hectares soient classés « zones humides protégées ». Dans la forêt des Côté, en plus des érables, plusieurs essences d’arbres sont présentes, dont la pruche, le thuya, le caryer, le tilleul et le frêne. Aucune trace de l’agrile du frêne. M. Côté soupçonne que les milieux humides aident à garder les frênes en santé.

Sur la ferme, le domaine familial abrite une maison centenaire en pierres des champs et d’anciens bâtiments agricoles bien préservés, ce qui donne un cachet unique à toute la propriété. Lynda a recréé de magnifiques jardins tout autour de la maison et planté une grande quantité d’arbres et d’arbustes, ce qui assure une belle continuité entre les champs de culture et la forêt toute proche. Un pommier datant d’un autre siècle continue d’être témoin des moments privilégiés de toute la famille.

Trois ruisseaux secondaires parcourent les terres de la famille Côté pour se jeter dans le bassin versant des ruisseaux Ferré et Delorme. Dans les champs attenants à la forêt, ces ruisseaux constituent des fossés de drainage pour la partie agricole. La règlementation en vigueur prévoit une bande riveraine d’un minimum d’un mètre sur le talus, mais Donald et Lynda ont choisi de maintenir cette bande règlementaire plus large, soit d’au moins 2 mètres.

C’est surtout par conscience écologique que ce choix a été fait, mais le couple y voit aussi d’autres avantages. La beauté du paysage et l’harmonie qui s’en dégagent sont importantes à leurs yeux. Une grande variété d’oiseaux et d’êtres vivants circulent dans ces corridors que constituent les bandes riveraines. Là où la bande riveraine longe les terres cultivées, la machinerie permet aisément de garder une hauteur uniforme le long du champ afin de ne pas nuire aux cultures. À d’autres endroits, des haies brise-vent sont maintenues à leur état naturel. M. Côté a même préservé quelques îlots d’aubépines, un rappel apprécié du côté bucolique de nos campagnes d’autrefois.

Donald Côté évalue à environ 5 % la perte de productivité liée au maintien de ses bandes riveraines, mais il considère que ce manque à gagner ne le prive de rien. C’est sa contribution personnelle pour préserver nos milieux naturels. Pour lui, améliorer la qualité de l’eau et prendre soin de la nature, c’est plus important que le profit à court terme. C’est une question de valeur.

En sa qualité d’agronome à la retraite, il considère qu’avec les progrès de la technologie, la productivité agricole a augmenté plus ou moins de 30 % dans les dernières décennies. Donc, même s’il perd 5 % à cause d’une bande riveraine élargie, il peut tout de même dire qu’il a des rendements 25 % supérieurs à ceux qui avaient cours auparavant. Comme la grande majorité des producteurs agricoles, M. Côté ne se cache pas qu’il doit utiliser des pesticides, mais grâce aux bandes riveraines, ceux-ci ne sont pas entraînés dans le cours d’eau et la biodiversité est maintenue.

Depuis une vingtaine d’années, Donald Côté remarque que, grâce au maintien des espaces naturels, il n’y a jamais eu autant de richesse faunique sur ses terres, par exemple, les colibris, cardinaux, canards huppés, buses et papillons de plusieurs espèces que son épouse affectionne particulièrement.

Donald et Lynda passent beaucoup de temps à parcourir leur domaine dont ils prennent grand soin. Donald bûche tout son bois pour fournir l’érablière et entretient sa forêt pour en assurer le renouvellement en vue des générations futures, dont font partie ses six petits-fils. Ceux-ci sont très privilégiés d’avoir des grands-parents qui leur offrent un contact direct avec la nature. On sent chez les Côté une véritable histoire d’amour avec leur domaine et c’est ce qui guide toute leur vie.

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