18 décembre 2014
En route vers le 50e du soccer organisé à Saint-Hyacinthe (5)
Par: Le Courrier
Début de saison 1982 du Milano avec André Bourgeois, Denis (Dyonisos) Vertzagyas, Michel Archambault et Jean-Pierre Le Gall. Photo CHSH – fonds Raymond Bélanger, photographe

Début de saison 1982 du Milano avec André Bourgeois, Denis (Dyonisos) Vertzagyas, Michel Archambault et Jean-Pierre Le Gall. Photo CHSH – fonds Raymond Bélanger, photographe

L’année 1981 a vu apparaître la première organisation de soccer inter-cités avec deux équipes appelées Maska. Un club moustique et un club midget virent le jour en association avec le club de soccer Milano. En 1982, le club de soccer Milano qui jusque-là n’avait que des équipes sénior décida de prendre en main toutes les équipes élites, en collaboration avec le soccer mineur.

L’équipe midget du gérant Jacques St-Amand et de l’entraîneur Michel Villeneuve connut une excellente saison. Ce Milano midget aux couleurs orange et noir du club comptait dans ses rangs plusieurs jeunes qui marquèrent l’histoire du soccer maskoutain. On pourrait nommer : Juan Carlos Salazar, Walter Duque, Alain Girard, Jean-François Plourde, Pierre Cloutier, Carlos Laurie et Martial Bourgeois.

Pendant cette même année 1982, le club de soccer Milano se préparait à vivre ses meilleurs moments sportifs, grâce à l’émergence de son équipe sénior. Pour la première fois, une équipe de réserve appelée Milano B verra le jour. Le président Vertzagyas a convaincu Jean-Pierre le Gall de devenir l’entraîneur de l’équipe. À la conférence de presse du début de saison, M. Le Gall, fraîchement débarqué du midget inter-cité, déclarait viser une deuxième place dans la ligue régionale de 10 équipes. Celui-ci mentionnait que le Milano avait maintenant le talent et qu’il restait à établir un style de jeu collectif qui avait toujours été la grande carence de l’équipe, malgré de belles individualités.

À la mi-saison, on pouvait déjà penser que les attentes de M. Le Gall seraient comblées. Alors qu’en 1981 après 9 parties, l’équipe présentait un dossier de 2 victoires, 5 défaites et 2 nulles; en 1982, la fiche était de 7 victoires et seulement 2 défaites. À partir de ces résultats, on pouvait commencer à espérer de rencontrer les objectifs de l’entraîneur ou peut-être encore mieux.

L’équipe sénior 1982 avait une importante particularité. Étant donné le développement encore récent du soccer maskoutain, l’entraîneur Le Gall et le gérant Vertzagyas décidèrent d’un commun accord de chercher du talent étranger. Par étranger, on voulait dire des joueurs habitant la MRC des Maskoutains, mais qui pouvaient avoir une solide base technique acquise dans leur pays d’origine. Comme vous le savez sûrement, le soccer est roi et maître sur l’ensemble de la planète. Notre ville comptait beaucoup d’étudiants étrangers, de jeunes professionnels venus pratiquer chez nous, ainsi que beaucoup de jeunes travailleurs issus d’immigration récente. Des travailleurs du textile d’origine colombienne étaient aussi fraîchement débarqués dans notre ville. Il fut possible avec l’ajout de ces joueurs d’avoir une équipe d’un niveau supérieur aux précédentes éditions. M. Le Gall jumela habilement ces joueurs plus techniques, aux meilleurs talents locaux.

Parmi ces joueurs, il y avait évidemment le joueur-entraîneur Jean-Pierre Le Gall, le Suisse Roger Goncerut, les Grecs Kyriakos et Danny Vertzagyas, l’Haïtien Stanley Colimon et les Colombiens Ivan Castaneda, Nelson Gomez et Edison Duque. Avec ce mélange de joueurs, le Milano palliait des lacunes techniques et permettait aussi au produit local de s’améliorer. Avec les joueurs locaux d’expérience, l’équipe prenait enfin son envol. Les adversaires devenaient de plus en plus méfiants. Parmi les joueurs d’origine maskoutaine, on remarquait : le gardien Denis Chagnon, les défenseurs, Charles Bernier, Charles Gauthier et André Bourgeois, le demi Pierre Loiselle et l’attaquant Joël Bérard.

Une poussée de neuf victoires consécutives en mi-saison hissa nos séniors au premier rang. Le 29 août 1982, sur son terrain, soit à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme (celui aujourd’hui appelé PHD 1), le Milano Sénior qui occupait désormais le premier rang avec les Ducs de Drummondville et le Polypus de Sorel, recevait les Ducs avec encore deux matchs à jouer. La rencontre débuta sous le signe de la robustesse. Drummondville possédait une équipe reconnue pour son agressivité. Ces derniers remportaient presque tous les échanges à un contre un. Le Milano souffrait beaucoup, mais tenait la marque à zéro. Puis, tout à coup, vers la fin de la première demie, Charles Bernier qui avait été retardé arriva au terrain. Charles, grand gaillard de six pieds et quatre pouces et pesant près de 115 kg prit le relais et vint s’installer en défense centrale. Son impact fut immédiat, le Milano retrouva ses ailes et Drummondville devint beaucoup moins agressif. Finalement, Milano l’emporta et s’installa au premier rang avec un match à jouer.

Le dernier match eut lieu à l’intérieur du pénitencier de Cowansville, contre le Sting de l’endroit. Les Maskoutains l’emportèrent 7 à 2 et coiffèrent Drummondville et Sorel de trois points. Milano avait marqué 56 buts, mais n’en avait alloué que 18. Après cinq ans, enfin un championnat.

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