4 décembre 2014
Date d’emballage erronée
IGA Douville mis à l’amende
Par: Jean-Luc Lorry
L’épicerie IGA située dans le quartier Douville à Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

L’épicerie IGA située dans le quartier Douville à Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

L’hypermarché IGA situé dans le quartier Douville à Saint-Hyacinthe a écopé d’une amende de 500 $ en 2013 pour avoir vendu en libre-service, du poisson frais et des fruits de mer sans respecter la date d’emballage initiale. Une pratique illégale pouvant entraîner des poursuites judiciaires.

Cette infraction fut révélée par Radio-Canada dans le cadre d’un reportage sur des pratiques frauduleuses découvertes dans certaines épiceries du Québec où plusieurs morceaux de viande étaient retirés des tablettes pour être réemballés avec une nouvelle étiquette datée du jour.

Selon les documents obtenus par le diffuseur public et disponibles en ligne, une inspectrice du bureau du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) de Saint-Hyacinthe s’était présentée le 8 novembre 2012 au IGA de Douville pour y effectuer une visite d’inspection.

Son rapport d’inspection mentionne qu’une étiquette dont la date d’emballage était le 8 novembre 2012 était superposée sur une première étiquette dont la date d’emballage était le 7 novembre 2012.

Ces étiquettes étaient collées sur divers emballages de filets de truite saumonée crus et de moules qui étaient vendus au comptoir réfrigéré de la poissonnerie.

À ce même endroit du magasin, l’inspectrice nota que les méthodes d’assainissement étaient inadéquates. Lors de sa visite, il fut prélevé un échantillon de la glace disposée sur l’étal à poisson.

Le rapport dressé par la Direction du laboratoire d’expertises et d’analyses alimentaires du MAPAQ fait état d’une qualité microbiologique médiocre de cette glace.

Un constat de non-conformité fut également dressé au comptoir des viandes froides. « Équipements malpropres. Résidus de viandes séchées sur le tranchoir de la charcuterie », peut-on lire dans l’encadré « Évaluation du risque à la santé » du rapport d’inspection.

Responsabilité du commerçant

Interrogé sur le sujet, le MAPAQ met un point d’honneur sur la responsabilité d’un épicier de vendre des produits de qualité et de donner une information exacte aux consommateurs concernant les dates de péremption.

« Ce n’est pas le réemballage des aliments qui est le problème, mais celui de ne pas remettre sur l’aliment la date à laquelle le produit a été emballé la première fois. Les exploitants d’établissements alimentaires ont la responsabilité de déterminer la durée de vie de leurs produits », indique en entrevue au COURRIER, Johanne Mainville, conseillère en salubrité des aliments au MAPAQ.

Celle-ci confirme que cette pratique de changer les dates d’emballage existe dans le secteur alimentaire, mais n’est pas répandue de façon systématique à l’échelle de la province.

Selon Mme Mainville, le consommateur peut questionner l’épicier sur la qualité des produits et peut formuler une plainte au MAPAQ en cas de problème.

« Comme consommatrice, quand je vais acheter du poisson au comptoir, je demande à le sentir. C’est un réflexe. Si un produit a une apparence douteuse à la maison on le rapporte. Cela contribue à sensibiliser l’épicier », conseille Johanne Mainville.

Interdire le réemballage?

Le gouvernement provincial n’a pas tardé à réagir aux révélations de Radio-Canada en donnant le mandat au MAPAQ d’étudier la possibilité d’interdire le réemballage des produits alimentaires dans les épiceries.

Sur ce point, la conseillère en salubrité estime qu’un aliment correctement emballé et bien scellé ne devrait pas être emballé une seconde fois.

« Cela devrait être exceptionnel. Le commerçant a deux options. Soit il ne réemballe pas son produit, soit il doit absolument apposer une étiquette où apparaît la date initiale d’emballage », précise Johanne Mainville.

Au MAPAQ, 250 inspecteurs sont chargés de veiller à la salubrité des aliments.

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