23 février 2012
Aider son prochain et les démunis
La mission de Jacques Bousquet
Par: Martin Bourassa

Il n’est certes pas la personnalité du mois la plus flamboyante et la plus connue de l’histoire de cette distinction, mais la candidature de Jacques Bousquet a rapidement fait l’unanimité au sein du comité de sélection.

Cet homme de parole et d’action a consacré toute sa vie active à répandre la parole de Dieu et à soulager la misère au sein de la communauté maskoutaine. Il semblait donc tout à fait indiqué de lui rendre cet hommage pleinement mérité. Un coup de chapeau qui s’ajoute à quelques autres qu’il a d’ailleurs reçus au fil des ans.

Décrit par ceux qui le côtoient au quotidien comme une source d’inspiration, Jacques Bousquet a été reconnu à deux reprises comme bénévole méritant par la Ville de Saint-Hyacinthe et a été décoré de l’Ordre du Mérite coopératif québécois par le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité en 2007.« Jacques Bousquet est pour nous une référence, résume Yvan Boulay, coordonnateur du Mouvement Action Chomâge. Il est en quelque sorte la mémoire vivante du communautaire et des coopératives dans la région de Saint-Hyacinthe. »En effet, il grouille et grenouille dans le petit monde communautaire et coopératif maskoutain depuis le milieu des années 1970, que ce soit au Centre d’information communautaire, au Carrefour des groupes populaires qu’il a fondé en 1980, à la coopérative funéraire ou à la coopérative d’habitation où il loge.« Ce que j’aime dans les coopératives, c’est l’entraide et l’implication, mentionne M. Bousquet. L’impression de pouvoir arriver à quelque chose quand les gens travaillent ensemble pour se donner des services et veiller à leurs affaires. Le milieu communautaire m’a surtout appris le terre à terre, à délaisser mon langage de séminariste pour celui des ouvriers et des assistés sociaux. »Pour son implication remarquable et son dévouement exemplaire au sein de la communauté maskoutaine et de la communauté chrétienne de la desserte Sainte-Monique où il prêche tous les dimanches depuis 38 ans, Le Courrier de Saint-Hyacinthe et la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains sont heureux de décerner le titre de personnalité du mois de février à monsieur Jacques Bousquet.

Un chemin tout tracé

M. Bousquet a vu le jour le 31 juillet 1934 à Saint-Denis-sur-Richelieu dans une famille de huit enfants, dont six sont toujours vivants et dont il est aujourd’hui le cadet à l’âge de 77 ans! Il a grandi sur la petite ferme familiale au coin du 4e rang et dit n’avoir jamais manqué de nourriture, malgré la pauvreté du temps.

Il a eu la chance et le bonheur de faire ses études classiques au Séminaire de Saint-Hyacinthe et c’est tout naturellement qu’il a répondu à l’appel de Dieu, marchant ainsi dans les traces de son frère Omer, cinq ans avant lui.« Tout jeune à la maison, je jouais à faire la messe avec un kit rudimentaire de liturgie et des cierges. Je ne me suis jamais questionné sur ce que j’allais faire dans la vie, il a toujours semblé assez évident que je la consacrerais à Dieu et à aider. Cela dit, j’ai bien de la difficulté à comprendre comment mes parents ont pu réussir à financer tout cela, le fait d’envoyer deux fils au Grand Séminaire et deux filles à l’école normale pour qu’elles deviennent institutrices. C’est un grand mystère pour moi. »Ordonné en mai 1959, il sera vicaire dans plusieurs paroisses par la suite, dont celles de Beloeil, Tracy, Richelieu et Iberville. Au début des années 1970, il s’offre une année de ressourcement au Centre de pastorale en milieu ouvrier. Ce sera en quelque sorte la révélation pour lui, le grand éveil aux besoins des plus démunis.Son implication communautaire prend alors tout son sens. Il joint la coopérative alimentaire, puis le CA du Front commun des personnes assistées sociales. En 1980, il sera membre fondateur et du CA du Carrefour des groupes populaires dans lequel il s’impliquera jusqu’en 2003, et où une salle porte aujourd’hui son nom.Au début des années 1980, Jacques Bousquet est partout. Il joint les rangs de la Coopérative funéraire de Saint-Hyacinthe et de la Coopérative d’habitation. Il sera même élu à la présidence du conseil d’administration de l’Hôpital Honoré-Mercier.Encore en 2012, Jacques Bousquet n’est pas avare de son temps. Il est secrétaire de la coopérative funéraire, trésorier de la coopérative d’habitation et membre du conseil d’administration de la Fédération des coopératives d’habitation montérégiennes.

Prêcher par l’exemple

Parrallèlement à toutes ses implications dans les coopératives, Jacques Bousquet n’a jamais délaissé sa mission première. C’est en novembre 1974 qu’il débute comme vicaire remplaçant de la desserte Sainte-Monique, une toute petite chapelle située dans un secteur plus défavorisé de Douville.

Il devait y prêcher le temps que l’Évêché trouve le bon homme pour cette fonction. « L’intérim s’est prolongé et j’y ai pris goût, raconte en riant celui qui tient le fort depuis 38 ans. Je suis vraiment tombé amoureux de cette minuscule chapelle et de ses fidèles qui ne m’ont jamais lâché depuis tout ce temps. »Ils sont encore près de 200 à participer religieusement aux deux célébrations dominicales qu’il y donne. « Oui, j’ai l’impression de me répéter un peu, mais je reste fidèle à mon dada, véhiculer l’image de Dieu telle que présentée par Jésus de Nazareth, un Dieu bon, patient et qui pardonne. Et j’utilise toujours le “nous” quand je parle aux gens, jamais le “vous”. Je ne donne pas de leçon. Je me parle autant qu’à eux! »En plus de la responsabilité de la desserte Sainte-Monique, l’abbé Bousquet a aussi répondu à une autre demande particulière de l’Évêché en 1985. Il a été aumônier et animateur pastoral au pénitencier fédéral de Cowansville jusqu’en 1997.« J’ai tellement aimé ça, cela correspondait en plein à ma volonté d’aider mon prochain, résume-t-il. Il y a beaucoup de foi et d’entraide à l’intérieur des murs, même s’il est très difficile de redresser un arbre qui a poussé de travers. »Rendu en fin de parcours, il regarde le chemin qu’il a parcouru avec la satisfaction du devoir accompli. Il s’efforce donc ces temps-ci de transmettre son savoir. « J’ai de l’expertise à transmettre avant de céder ma place, car il a toujours été important pour moi d’assurer la pérennité des causes qui me tiennent à coeur. La politique de la terre brûlée très peu pour moi. Je préfère de loin la terre féconde. »On le croit sur parole!

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