24 janvier 2019
Du circuit provincial au Championnat du monde de patinage de vitesse
L’ascension fulgurante de Félix Pigeon
Par: Maxime Prévost Durand

Les performances de Félix Pigeon lors du championnat canadien junior plus tôt en décembre, où il a terminé 4e au cumulatif, lui ont permis de se tailler une place en vue du Championnat du monde junior de patinage de vitesse. Photo Dave Holland, CSI Calgary Photos

À pareille date l’an dernier, Félix Pigeon faisait partie du Club de patinage de vitesse de Saint-Hyacinthe et participait aux différentes compétitions du circuit provincial. La fin de semaine prochaine, il sera, à 16 ans, le plus jeune représentant du Canada au Championnat du monde junior de courte piste, disputé à Montréal. Retour sur l’ascension fulgurante du patineur de Saint-Pie.

Félix s’est taillé une place sur l’équipe de l’unifolié grâce à ses performances au championnat canadien junior, en décembre. Le jeune patineur a raflé le bronze au 500 m, en plus de terminer 4e au 1000 m et 4e au classement cumulatif.

Pour choisir les membres de son équipe pour le Championnat du monde junior, Patinage de vitesse Canada sélectionnait les quatre premiers patineurs au cumulatif en tenant compte de leurs deux meilleures distances. Et Félix en faisait partie.

« Je me sens chanceux, a-t-il confié au COURRIER, dans une entrevue téléphonique, la semaine dernière. J’ai juste 16 ans, mais je veux prouver que j’ai ma place. Je veux faire de mon mieux. »

Il semble déjà loin le temps où il ne faisait que les compétitions du circuit provincial. Pourtant, il ne faut remonter que de quelques mois.

« J’avais fait toute la saison passée sur le circuit provincial, mais ma dernière compétition, c’était sur le circuit élite. Mes temps m’avaient permis de me qualifier pour les [sélections canadiennes] junior 2 et c’est là que le CRCE [Centre régional canadien d’entraînement] m’a recruté », résume Félix.

Depuis, tout va à la vitesse grand V. Il a même déménagé à Montréal pour intégrer à temps plein le CRCE. Il y trouve à cet endroit, réservé aux meilleurs espoirs de la province, les outils qu’il lui manquait en s’entraînant seulement à Saint-Hyacinthe.

« J’ai toujours pensé que j’étais meilleur en endurance, mais là je réussis de bons départs et de bonnes accélérations sur les courtes distances. Le CRCE m’a permis d’être meilleur techniquement. J’avais déjà une bonne base physique et cardio, mais techniquement, j’ai encore du chemin à faire. »

Il faut dire que le fait d’être entouré d’autres athlètes de haut niveau a de quoi le motiver. Cela dit, même le principal intéressé ne se doutait pas qu’il se retrouverait dans les plus hauts sommets aussi rapidement. Un déclic lui a fait prendre son sport plus au sérieux, conscient de son potentiel, et l’a conduit jusque-là.

« J’étais toujours assez bon, mais je n’arrivais jamais vraiment à me démarquer. L’année passée, je ne gagnais jamais, mais je finissais toujours dans le top 10. Je savais qu’en y mettant les efforts, je pourrais accéder à un autre niveau. »

Son début de saison a pourtant été marqué par des embûches, notamment à la Coupe Canada, où il a été disqualifié au 1500 m et au 500 m, en plus de chuter au 500 m.

Les choses n’ont pas mieux débuté au championnat canadien junior, alors qu’une chute au 1500 m, sa distance favorite et la première de la compétition, l’a relégué en 7e place.

« Ça a été dur sur le mental, je misais beaucoup sur cette distance-là. Ça m’a un peu démotivé », avoue-t-il.

Malgré ce dur coup, Félix a su rebondir avec aplomb les journées suivantes, tellement que cela lui permettra dès demain de se mesurer aux meilleurs patineurs d’âge junior de la planète, à l’aréna Maurice-Richard.

« C’est quand même gros. Comme ça se déroule ici, on sait que les gens vont nous regarder encore plus. Il y a beaucoup de médiatisation qui entoure la compétition », souligne le jeune homme, qui est emporté depuis les derniers jours par ce tourbillon.

Au moment de l’entretien, Félix ignorait encore quelle distance il allait parcourir à ce Championnat du monde junior. Mais qu’importe, il vivra l’expérience à son maximum, ça, c’est assuré.

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