26 octobre 2017
entre les lignes
Le veau d’or
Par: Le Courrier

Si Délimax réussit comme prévu à mettre sa grosse papatte sur Écolait, et aucune indication ne permet de croire que cela n’arrivera pas, le producteur, éleveur et intégrateur de Saint-Hyacinthe deviendra un véritable Dieu dans l’industrie du veau au Québec. Bon, il était déjà pas mal le king dans son domaine, mais voilà qu’il passerait à la catégorie supérieure. En avalant son grand et proche rival, Délimax contrôlerait à elle seule environ 90 % de la production québécoise de veau.

Utiliser le terme de monopole semble donc approprié dans les circonstances, même si Délimax n’aura pas l’exclusivité de la vente de veau sur le marché québécois. Loin de là si on considère les exportations qui rentrent à pleine porte. Encore davantage depuis quelques semaines avec l’entrée en vigueur de l’Accord économique et commercial global Canada-Europe, qui a pour effet d’éliminer les tarifs d’importation sur les viandes produites de l’autre côté de l’Atlantique, dont le veau. Mais ceux qui croyaient que l’abolition du programme d’Assurance stabilisation des revenus agricoles dans le secteur du veau de lait en 2016 conduirait les intégrateurs à leur perte devront se raviser. De toute évidence, Délimax en a encore pas mal de collé. Assez pour mettre 50 M$ sur la table pour acheter Écolait.
Il est encore tôt pour mesurer tous les impacts de cette transaction.
La direction de Délimax, elle, ne voit que du positif. Du positif pour elle-même cela va de soi, pour les éleveurs, pour la région de Saint-Hyacinthe ainsi que pour les consommateurs. Peu ou pas de notes discordantes ont été entendues jusqu’ici, ce qui est de bon augure. On verra s’il en sera de même dans quelques semaines, mois et années. Et on surveillera aussi de près ce qu’il adviendra du recours collectif intenté par des producteurs contre Écolait. Non, il ne s’évapore pas comme par magie.
On devine que ce dossier fait actuellement l’objet de tractations entre les avocats des deux camps. Selon l’issue des procédures juridiques en cours, c’est le genre d’éventualité qui risque d’influencer le prix de vente.

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