14 février 2019
Ville de Saint-Hyacinthe
Les cachotteries
Par: Martin Bourassa

Mine de rien, le conseil municipal de la Ville de Saint-Hyacinthe a jeté aux oubliettes une résolution pour le moins douteuse à sa dernière réunion publique.

Les élus ont annulé une résolution prise en octobre dernier qui permettait au maire Claude Corbeil et au directeur général Louis Bilodeau de négocier des ententes en cachette, dans le dos du conseil et surtout de la population.

Ces ententes particulières doivent en principe servir à dérouler le tapis rouge pour l’implantation d’entreprises commerciales ou industrielles sur le territoire maskoutain. Cette résolution a-t-elle servi une seule fois ou davantage? C’est un mystère. Mais c’est un secret de polichinelle que MM. Corbeil et Bilodeau ont utilisé ces pouvoirs extraordinaires pour s’entendre avec Exceldor en vue de l’implantation d’une usine de 175 M$ à Saint-Hyacinthe, dans la mesure bien sûr où la Commission de la protection du territoire agricole autorise le dézonage de la terre agricole convoitée.

La Ville a-t-elle mis la charrue avant les bœufs? La question se pose. Tout comme la question sur la nécessité de négocier en catimini avec Exceldor. On pourrait également s’interroger sur la légitimité de cette démarche du conseil, mais comme nous ne sommes pas des spécialistes en droit municipal, il est préférable de laisser à d’autres le soin de se prononcer sur cet élément.

Ce que l’on constate par contre, c’est que cette délégation de pouvoirs rendait quelques élus inconfortables dans la mesure où c’est leur travail à eux de valider par résolution les contrats et les ententes particulières négociées avec le privé. On s’attend donc à ce qu’ils le fassent en toute franchise, en toute honnêteté et en toute transparence.

Il est très difficile de pouvoir en juger quand tout se passe en coulisses.

Et disons que la transparence n’est pas la première qualité que nous pourrions associer à l’administration du maire Corbeil. Les ententes gardées secrètes par la Ville de Saint-Hyacinthe se sont multipliées ces dernières années. Pensons à l’entente avec Beauward pour la construction du centre de congrès, à celle avec Énergir pour la vente de biogaz de l’usine de biométhanisation, avec le Canadien National pour la construction du tunnel Casavant et maintenant avec Exceldor.

Autant d’ententes que la Ville cache jalousement et défend vigoureusement, sous des prétextes qui ne tiennent pas toujours la route. Nous pensons que les Maskoutains ont le droit de savoir ce qu’il y a dans toutes ces ententes.

À l’image des Longueuillois qui, en décembre 2017, ont vu le conseil municipal, et non la mairesse et le directeur général, entériner la convention d’achat-vente avec Molson Coors pour un terrain qui servira à bâtir une nouvelle brasserie de 138 M$, avec à la clé un crédit de taxe dégressif sur cinq ans, d’une valeur de 14,9 M$. L’ampleur du cadeau offert à Exceldor par la Ville de Saint-Hyacinthe est sans contredit d’intérêt public.

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