14 mars 2019
Lily Pinsonneault, de blogueuse à auteure accomplie
Par: Maxime Prévost Durand

L’auteure maskoutaine Lily Pinsonneault a fait paraître hier, mercredi, son deuxième livre Pas pressée, une suite à sa première œuvre, Sauf que j’ai rien dit, lancée en 2017. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Pendant plusieurs années, la Maskoutaine Lily Pinsonneault a tenu le blogue Ma Querelle, où elle écrivait des nouvelles sous toutes les formes. Presque chaque jour, ou à tout le moins chaque semaine, du nouveau contenu y était ajouté. Puis, un jour, elle s’est décidée à écrire un roman. À sa grande surprise, Sauf que j’ai rien dit a rapidement trouvé sa niche aux Éditions Québec Amérique, en 2017, la poussant même à se pencher sur une suite, Pas pressée, qui paraît cette semaine en librairie.

Dans ces deux livres, on y suit Jolen, une jeune femme à la fin de la vingtaine environ, « un mélange de toutes mes amies et de moi », affirme Lily, autour d’un café chez Mareiwa, dans le cadre d’une rencontre avec LE COURRIER. Ce personnage se forge une pseudo-relation de couple dans le premier tome, puis traverse un véritable mal-être dans le second, tentant par tous les moyens de n’en rien laisser paraître, malgré les signes de sa détresse.

« Quand tu écris un premier roman, tu ne t’imagines pas que ça va être publié, avoue l’auteure de 29 ans. Je le faisais simplement parce que je trouvais que c’était la suite logique de mes projets. Je travaillais dans un bureau dans ce temps-là et j’ai lâché mon travail en disant “je vais écrire un roman”. Il faut dire que c’était aussi l’été (rires), mais c’est vrai que j’ai écrit un roman au final! »

À peine deux mois après avoir envoyé le manuscrit de Sauf que j’ai rien dit, Québec Amérique demandait déjà à la rencontrer et, plus vite qu’elle ne l’aurait cru, ce premier livre se retrouvait sur les tablettes des librairies. Il a d’ailleurs été vendu à plus de 2000 exemplaires.

« Ça m’a permis d’enfin me présenter comme une auteure, même si ça faisait longtemps que j’écrivais. Dans l’autopublication, on dirait qu’il y a un certain complexe, mais [en étant signée par une maison d’édition,] ça montre que des gens croient en mon travail et, aujourd’hui, je me présente comme une auteure. »

Aussitôt la parution de Sauf que j’ai rien dit, l’idée d’une suite a surgi. « Ce n’était pas du tout dans les plans d’en écrire un deuxième au début, mais dès que le premier est sorti, je me suis mise à écrire celui-là, dit Lily, en parlant de Pas pressée. Je ne savais pas trop où ça allait, mais je savais que l’histoire de Jolen n’était pas terminée. J’avais tellement aimé travailler avec mon éditrice Marie-Noëlle Gagnon que, dès que j’ai eu l’idée, je lui ai écrit et elle a embarqué. »

Ouvrir la discussion

Si, dans le premier livre, on suit la construction de la pseudo-relation de Jolen avec un certain Joseph, qui se termine par le départ de ce dernier en Californie, le deuxième tome s’avère un pas derrière pour l’héroïne, qui quitte son emploi et retourne vivre avec ses anciens colocs adorés.

Jolen est rongée par un mal-être évident et les bas sont plus nombreux que les hauts. Le lecteur devient un témoin privilégié de ses tourments, même si l’auteure choisit de conserver une zone grise plutôt que de nommer directement ce qui l’affecte.

« Certaines personnes vont le lire en voyant de l’angoisse, d’autres vont le voir comme une peine d’amour. Je voulais que le lecteur comprenne l’histoire selon où il est rendu dans sa vie. Je trouvais ça important de ne pas poser de diagnostic parce que tout le monde autour d’elle ne sait pas trop ce qu’elle a et lui dit que ça va aller, mais non, ça ne va pas. Ça prend du temps et du travail, il ne faut pas être pressée pour se remettre de ce genre d’épisode là. Même si on tient pour acquis que c’est peut-être “juste” de l’angoisse, ça ne fait pas que c’est moins difficile pour elle, soutient Lily. Mais j’ai quand même essayé que ce soit léger au quotidien. On la voit rire malgré tout, elle travaille, elle voit des amis. Je pense que ça peut ouvrir une discussion et répondre à des questions chez certaines personnes. »

Avec une plume contemporaine, Lily Pinsonneault dit écrire « à voix haute ». « Je me fais tellement reprocher la langue que j’utilise, mais en même temps, c’est celle-là que je connais le mieux, lance-t-elle en riant. On me dit que c’est trop proche du français parlé et certains le voient comme une espèce de snobisme envers le français québécois. Quand j’écrivais mon blogue, c’était encore plus en un seul souffle, il n’y avait pas vraiment de virgules. Au moins maintenant, je pense avoir réussi à mettre des points et des virgules! »

Il n’y a pas que dans la manière que ça s’observe. Les références sont également bien de sa génération, que ce soit par les moyens de communications des personnages, avec les Facebook et Messenger, ou en citant le « cahier à colorier de Philippe Brach », par exemple.

Elle s’inspire aussi de son propre univers familial en faisant souper Jolen et son petit frère à la Cage, brasserie sportive, une petite référence publicitaire subtilement incluse en référence au restaurant dont son père, le Maskoutain bien connu Yvon Pinsonneault, est copropriétaire de la succursale à Saint-Hyacinthe. « Je lui ai demandé si j’allais pouvoir avoir une commandite, mais je l’attends toujours! (rires) »

Pour souligner la parution de son livre Pas pressée, de même que la réédition du premier tome Sauf que j’ai rien dit, Lily Pinsonneault tiendra un lancement à la Librairie L’Intrigue au centre-ville de Saint-Hyacinthe, samedi, de 14 h à 16 h.

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