14 février 2019
Entre les lignes
Ministre en eaux troubles
Par: Le Courrier

La lune de miel semble toujours au beau fixe entre le gouvernement de François Legault et une grande majorité des Québécois, du moins ceux qui ont voté caquiste en octobre 2018. Et ce, malgré quelques bourdes ministérielles.

Il faut dire que le chef lui-même n’a pas été sans reproches depuis qu’il est aux commandes, dont encore tout récemment avec ses nominations plus ou moins partisanes. Motiver les faux pas par l’inexpérience de son équipe et du cabinet, cela marche un certain temps. Mais avant longtemps, le sac à excuses sera vide.

Une qui semble filer le parfait bonheur à l’abri des caméras et des journalistes, c’est notre députée Chantal Soucy, vice-présidente de l’Assemblée nationale. Si cette nomination ressemblait à un prix de consolation offert à une vaillante soldate après sa réélection dans Saint-Hyacinthe, elle ressemble désormais à une bénédiction pour elle. En tout cas, son large sourire présenté dans un reportage paru dans notre édition du 7 février parlait de lui-même.

Des responsabilités accrues certes, un salaire bonifié en conséquence, mais un travail qui s’exerce davantage dans l’ombre que dans la lumière. Et qui lui permet de briller.

Tous ces collègues ne peuvent en dire autant. Rattrapée par ses faiblesses, la députée de Châteauguay, MarieChantal Chassé, n’aura pas fait trois mois comme ministre de l’Environnement. Et c’est maintenant au tour du député de la circonscription voisine à la nôtre, le ministre de l’Agriculture André Lamontagne, d’être au centre de la tempête depuis le dossier du lanceur d’alerte du MAPAQ congédié et après ses critiques formulées envers les « ayatollahs » du ministère de l’Environnement au congrès de l’Union paysanne. Une déclaration certes malhabile puisque le problème n’est pas tant le fonctionnaire comme tel que les normes et les règles strictes avec lesquelles il doit composer. L’opposition en a profité pour en rajouter une couche contre le ministre Lamontagne, devenu le nouveau maillon faible du cabinet Legault. Contrairement à Mme Chassé, tout n’est pas perdu dans son cas. Il est capable de se resaisir. Mais il devra apprendre à éviter de créer et d’alimenter les controverses.

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