24 novembre 2016
Les Animaux fantastiques 
Nouvelle intrigue, même univers
Par: Sarah Daoust Braun
Warner Bros.

Warner Bros.

Après la publication de la pièce Harry Potter et l’Enfant maudit plus tôt cette année, les fans de la saga Harry Potter sont de nouveau bien gâtés avec la sortie en salles des Animaux fantastiques, antépisode du célèbre univers de l’apprenti sorcier. J.K. Rowling, qui signe pour la première fois un scénario, réussit ici le même exploit que dans ses précédentes œuvres littéraires et leur adaptation cinématographique : raconter des bonnes histoires. 

Cette fois, on se transporte presque 70 ans en arrière. Le Britannique Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) débarque à New York en 1926 à la recherche d’une soi-disant espère rare. Il est le futur auteur du manuel scolaire Les Animaux fantastiques, publié en 2001 pour le commun des mortels, que Harry, Ron et Hermione liront beaucoup plus tard. Sur place, Norbert échange par accident sa valise magique – qui contient toute sa ménagerie – avec celle de Jacob Kowalski (Dan Folger), ouvrier et Non-Maj’ (synonyme américain du mot Moldu). De surcroît, quelques-uns de ses animaux réussissent à s’échapper en ville. Ses frasques sont repérées par la sorcière Tina Goldstein (Katherine Waterston), ancienne enquêtrice du Congrès Magique des États-Unis d’Amérique, qui veut le dénoncer à ses anciens supérieurs. 

Alors que Norbert tente de retrouver ses bêtes, Percival Graves (Colin Farrel), le directeur de la justice magique du congrès, l’accuse d’avoir libéré un « obscurus », une redoutable force magique parasitaire. Au même moment, la communauté des sorciers et sorcières de New York est plongée dans l’inquiétude alors que Gellert Grindelwald, un puissant mage, a disparu depuis quelques années. 

Avec Les Animaux fantastiques, J.K. Rowling offre une œuvre dense, où l’humour et le drame sont finement équilibrés. L’amusante intrigue de la capture des bestioles fantastiques est soutenue par une seconde trame narrative un peu plus profonde, qui aborde la question de l’exclusion sociale dans un monde où les sorciers et les Non-Maj’ se rejettent mutuellement. 

À la réalisation, David Yates, l’homme derrière les quatre derniers volets de la série Harry Potter, pilote un long-métrage à la facture classique explosif et rythmé, mais parfois un peu étourdissant. À la photographie et à la direction artistique, on retrouve avec plaisir l’univers familier et un peu intemporel de la saga qui se transpose à merveille dans les années 1920. 

Le tout est habilement appuyé par un ensemble de personnages colorés et riches, auxquels on s’attache facilement, incarnés par des interprètes solides. Plus particulièrement, le trio qui entoure Norbert (Katherine Waterston, Dan Folger et Alison Sudol dans la peau de Queenie, la sœur de Tina) vole la vedette et offre une performance nuancée, plongeant avec justesse dans le rigolo comme dans l’émotion. 

Le premier chapitre réussi des Animaux fantastiques, avec J.K. Rowling au scénario, laisse présager que les quatre films qui suivront le seront tout autant.

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