24 janvier 2019
Un Chantier centre-ville bien municipal
Par: Rémi Léonard

La rencontre de démarrage du comité Chantier centre-ville devait se tenir le 23 janvier. Photothèque | Le Courrier ©

Le Chantier centre-ville est officiellement lancé depuis hier et on connaît maintenant sa composition. Ce comité a une forte représentation municipale puisqu’il est formé de deux élus, de quatre employés de la Ville ainsi que de quatre représentants d’organismes paramunicipaux, sur un total de treize membres.

Les trois autres sièges sont occupés par une représentante du milieu communautaire, une représentante d’un organisme environnemental et un résident du centre-ville. Lors de la présentation publique du 7 novembre, la liste affichée au public comprenait plutôt deux places pour des citoyens.

Un comité représentatif?

Pour occuper cette unique place, le choix du conseil municipal s’est arrêté sur Réal Brodeur. Retraité du monde des médias, ayant entre autres travaillé au Courrier de Saint-Hyacinthe, M. Brodeur habite et photographie le centre-ville depuis plusieurs années et s’implique notamment au comité consultatif d’urbanisme. Il a aussi fait partie de l’équipe de campagne du maire Claude Corbeil lors des deux dernières élections municipales.

Cette dernière implication n’a pas paru problématique aux yeux du maire et du conseiller du centre-ville, Jeannot Caron, qui considèrent tous deux les citoyens bien représentés au sein de Chantier centre-ville. « Moi aussi, je suis résident du centre-ville », a d’ailleurs soulevé le conseiller Caron. Le directeur général de la municipalité, Louis Bilodeau, a aussi montré en exemple le représentant de Saint-Hyacinthe Technopole, Cédric Meunier, qui habite le secteur. MM. Corbeil, Bilodeau et Caron ont également réfuté que le comité ait été formé de manière à être exempt de personnes critiques des actions municipales « C’est moi le plus critique autour de la table », a illustré Jeannot Caron.

L’opposition qui s’est exprimée de manière vigoureuse lors de la séance du conseil municipal du 17 décembre sera néanmoins absente de ce groupe nouvellement formé. Deux citoyennes qui ont pris la parole lors de cette soirée, Chantal Goulet et Marijo Demers, n’ont pas caché leur désapprobation à propos de ce Chantier centre-ville. « C’est le reflet de la gouvernance municipale », a exprimé Mme Goulet, pour qui ce comité ne fera qu’approuver les orientations déjà prises. Si elle avait initialement envisagé de participer à ce chantier, elle le trouve aujourd’hui bien peu pertinent. « Le plus gros est déjà décidé », a-t-elle exprimé en faisant référence à la densification du centre-ville par des édifices de six à huit étages. Elle en conclut que la volonté d’écoute manifestée par le maire Claude Corbeil après les dernières élections ne s’est finalement pas matérialisée.

Pour Marijo Demers, choisir une personne « liée politiquement » au maire pour représenter les citoyens contribue au « manque de confiance » qu’elle dit observer envers l’administration municipale. Sans rien enlever à l’apport de M. Brodeur sur ce comité, elle comprend mal comment la Ville a pu arriver avec « quelque chose de plus gros, de plus éhonté » que ce choix, surtout en regard de l’atmosphère de la soirée du 17 décembre. « Si on veut avoir des citoyens à la table, il faudrait qu’ils ne portent qu’un seul chapeau », pour ne pas mêler les intérêts, a-t-elle aussi commenté.

Mandat

Le maire Corbeil avait présenté le 7 novembre dernier Chantier centre-ville comme un espace de réflexion intimement lié à l’élaboration du futur plan particulier d’urbanisme (PPU), qui doit définir une « vision globale » de « ce que devrait être le centre-ville de Saint-Hyacinthe de demain », avait-il exprimé. « Il sera notamment question de mixité sociale et de lutte à la pauvreté, de services publics, de fonction commerciale, de densification, de développement durable et de transport actif », avait énuméré M. Corbeil. Des consultations publiques doivent par ailleurs être incluses ultérieurement dans le processus.

Des représentants de la firme chargée de l’élaboration du PPU, AECOM consultants, seront également présents aux réunions de Chantier centre-ville avec un mandat d’accompagnement. « Tout ce qu’on peut imaginer comme enjeu au centre-ville sera sur la table » du comité, a assuré le conseiller Caron.

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