2 septembre 2021
Aéroport de Saint-Hyacinthe : le maire confirme la tenue de vérifications diligentes
Par: Sarah-Eve Charland

Le maire confirme qu’il y a actuellement des vérifications diligentes pour acheter l’aéroport de Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

Après la publication du COURRIER la semaine dernière, le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, n’a pas voulu confirmer le dépôt d’une offre visant à acheter l’aéroport de Saint-Hyacinthe, mais corrobore le déroulement de vérifications diligentes.

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« C’est un dossier sensible. Actuellement, les membres du conseil sont en discussion dans ce dossier-là. Il n’y a pas de décision prise. On a donné des mandats à une firme pour faire une évaluation de la situation. Vous savez qu’un aéroport ne s’achète pas comme une boîte de biscuits. Il y a plusieurs étapes à franchir. On est à évaluer et à regarder la situation. Le conseil prendra sa décision lorsqu’il aura en main les réponses nécessaires »,affirme M. Corbeil.

Les vérifications devraient toucher l’ensemble du dossier, poursuit-il. Les membres du conseil attendent donc les conclusions de ces vérifications pour prendre une décision. Bien qu’il espère ficeler le dossier avant la dissolution du conseil, il ne sait pas si ce sera possible. Notons qu’avant le déclenchement des élections, il reste deux séances plénières et trois séances du conseil.

« Tout dépendra de ce qu’on aura comme réponses à nos questions. [Au cours des prochaines semaines], on a l’espoir d’avoir la majorité des réponses. Le temps roule », rappelle M. Corbeil.

La semaine dernière, LE COURRIER a annoncé l’intérêt de la Ville de Saint- Hyacinthe à devenir propriétaire de l’aéroport au montant de 935 000 $ après que le conseil des maires de la MRC des Maskoutains eut rejeté l’idée. Au rôle d’évaluation, la valeur de l’aéroport d’élève à 493 700 $.

« Lorsqu’on est en vérification diligente, on ne peut pas étaler au complet les détails et les dessous d’une possible transaction. Actuellement, il n’y a pas de transaction ou d’offre d’achat. On n’est pas rendu là. Au moment opportun, ça nous fera plaisir de vous l’annoncer », martèle le maire.

André Beauregard en faveur

Le conseiller sortant et candidat à la mairie de Saint-Hyacinthe pour les élections du 7 novembre, André Beauregard, réitère son appui à ce projet. « C’est un dossier sensible. J’ai toujours été favorable au dossier de l’aéroport parce que c’est pour le développement économique de la Ville de Saint-Hyacinthe. Ça aurait dû être un dossier porté par la MRC, mais les maires de la MRC ont rejeté le dossier », dit-il.

Un achat à l’aveugle, selon Marijo Demers

L’aspirante mairesse et cheffe du parti Saint-Hyacinthe unie, Marijo Demers, remet en question l’urgence de prendre une décision avant le déclenchement des élections municipales. « On a un conseil municipal à sa fin de cycle politique qui met ça de l’avant sans présenter à la population les coûts à court, moyen et long terme pour maintenir à flot l’aéroport. […] Le propriétaire de l’aéroport est un propriétaire privé. Ça fait longtemps qu’on sait qu’il veut vendre. Rien n’évoque le caractère urgent d’acheter. »

Elle critique également la volonté de la Ville d’acheter cette infrastructure sans avoir sécurisé des subventions ni au niveau provincial ni au niveau fédéral. À l’heure actuelle, aucune information sur l’utilisation des installations et l’achalandage n’a été partagée, dénonce-t-elle.

« Qu’est-ce que ça implique pour la Ville d’acheter un aéroport? Quelles seraient les retombées? Quelle serait la marge de profit dégagée? Quel type de clientèle veut-on attirer? Peut-être que le conseil a ces informations-là, mais je n’entends pas le maire en parler. C’est un achat à l’aveugle », affirme la candidate à la mairie.

Mme Demers reconnaît toutefois ne pas avoir de marge de manœuvre si le dossier se règle avant les élections. « Si je suis élue le 7 novembre, je vais devoir prendre le projet comme il sera ficelé. Je ne pourrai pas détricoter ce qui a été adopté avec un coup de baguette magique. Cette acquisition se fait au nom et avec l’argent des contribuables. Je ne peux pas croire que le conseil va recommander l’acquisition sans avoir un plan », conclut-elle.

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